Ce deuxième «rassemblement œcuménique européen» est une formidable occasion de dialogue, mais «il ne faut pas en attendre de trop grands résultats pour l’immédiat», ont averti Mgr Georges Carey, archevêque de Canterbury, et le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, lors d’une conférence de presse.
Ils ont renvoyé à plus tard l’éventualité d’un grand «conseil œcuménique mondial». «J’espère qu’on y arrivera un jour», a ajouté l’archevêque de Milan.
La diversité des 10.000 participants, dont 700 délégues officiels représentant les Eglises membres de la Conférence des Eglises européennes et du Conseil des conférences épiscopales européennes, rend plus laborieuse l’élaboration de textes communs, ont-ils souligné.
Les délégués doivent adopter samedi un document final formulant des orientations éthiques et des recommandations pratiques destinées aux Eglises. En dépit d’une bonne volonté largement partagée, la discussion sur ce texte n’est pas toujours facile tant les expériences et les approches des uns et des autres peuvent être éloignées.
«Appel des femmes»
Dans un groupe de travail, un permanent de l’Armée du Salut (protestant) s’est inquiété d’un projet de loi voté en première lecture par la Douma (chambre basse russe) restreignant les libertés des religions «non traditionnelles» en Russie. Un délégué arménien a souligné que cette tendance au repli sur soi se manifestait dans plusieurs pays issus de l’ex-URSS.
Le cardinal Martini s’est inquiété de «la persistance d’une confusion entre nationalisme et religiosité» dans plusieurs pays d’Europe.
Miroslav, un jeune catholique venu de Zagreb avec des amis engagés dans le dialogue avec des orthodoxes serbes, condamne lui aussi «l’amalgame entre le national et le religieux». «Mais nous ne sommes pas très nombreux en Croatie à penser ainsi, déplore-t-il. La hiérarchie de l’Eglise catholique ne nous soutient que du bout des lèvres». Il souligne que les orthodoxes russes ne sont pas les seuls à tonner contre le «prosélytisme»: les catholiques croates ont tendance eux aussi à assimiler toute action d’autres groupes religieux à du prosélytisme.

