Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Difficultés budgétaires pour l'Italie, la France et l'Allemagne

PARIS, 13 Juin (Reuter). — L’Italie, la France et l’Allemagne auront bien du mal à réduire leurs déficits et à se qualifier cette année pour l’accession à l’Union économique et monétaire, si l’on en croit les prévisions publiées jeudi par l’OCDE dans ses dernières «Perspectives économiques».
L’Organisation de coopération et de développement économiques prévoit en effet que ces trois pays enregistreront en 1997 un ratio déficit/PIB de 3,2%, soit un peu au-delà du critère de Maastricht de 3,0% dont l’interprétation est à nouveau l’objet d’un débat animé, relancé par l’arrivée au pouvoir en France du gouvernement socialiste de Lionel Jospin.
Débat auquel, l’économiste en chef de l’OCDE, Stephen Potter a apporté sa contribution en déclarant jeudi soir: «La décision sera politique. Mais, d’un point de vue économique, il semblerait anormal d’exclure certains pays sur la base de quelques dixièmes de points».
Les prévisions, que certains économistes jugent déjà quelque peu dépassées, n’ont guère eu d’effet sur les marchés.
Les mêmes économistes ajoutent que de tels chiffres laissent prévoir une UEM «large», ouverte à un plus grand nombre de pays, et non une UEM étroite et plus rigoureuse, comme le souhaite le gouvernement allemand, qui poursuit ses efforts pour respecter le chiffre de 3,0%.
Les prévisions de l’OCDE «ne sont pas mauvaises au point de faire croire à un report (de l’UEM)», commente Sonja Gibbs, économiste chez Nomura. «En fait, si elles ont une influence, ce sera en faveur d’une UEM large».
L’OCDE prévoit également que l’Allemagne et la France réduiront leurs ratios déficit/PIB en 1998 à 2,7% et 3,0% respectivement. Mais le ratio de l’Italie s’aggraverait au contraire à 3,8%.
Dans le débat sur les critères, plusieurs voix ont souligné que les consolidations budgétaires devaient être durables, une notion qui semble viser plus particulièrement l’Italie, si ce pays n’est pas en mesure de confirmer ses résultats de 1997.
La prévision de l’OCDE ne tient cependant pas compte du plan de consolidation budgétaire de trois ans actuellement proposé par le gouvernement italien, ni de la perspective d’une baisse des taux d’intérêt italiens si ce pays se qualifie en 1999.
«Je pense que les prévisions (de l’OCDE) sont très positives pour l’Italie», estime Darren Williams, économiste chez UBS.
Comme on lui demandait ce qui se passerait si l’UEM échouait, Stephen Potter a déclaré: «Il y aurait un risque de très sérieuses perturbations sur les marchés financiers».
La perception que l’UEM aura bien lieu a favorisé une décrue des taux d’intérêt à long terme, une réduction du différentiel des taux entre l’Allemagne et les autres pays européens, et une stabilité des taux de change.
Ces évolutions, favorables à l’environnement économique en général, pourraient s’inverser si un risque sérieux d’échec de l’UEM apparaissait.
L’Allemagne serait probablement le pays le plus touché, malgré une hausse initiale du mark, qui serait la monnaie «refuge».
Mais l’Allemagne et les pays dont la monnaie est étroitement liée au mark subiraient des pertes de compétitivité. Les autres pays subiraient une hausse de leurs taux d’intérêt.
L’Espagne et le Portugal, dont les chances de faire partie de l’UEM en 1999 sont souvent liées à celles de l’Italie, ont obtenu de l’OCDE plus qu’un satisfecit: selon ses prévisions, l’Espagne aurait un ratio de 3,0% en 1997 et 2,6% en 1998, et le Portugal 2,9% et 2,8% respectivement.
Les efforts engagés par l’Espagne pour être en mesure de participer dès le début à l’UEM ont contribué à convaincre l’Italie qu’elle ne devait pas être laissée pour compte.
A l’heure actuelle, les économistes en viennent à penser que des critères comme le ratio déficit/PIB auront en fin de compte moins d’importance que les événements politiques européens actuels, et notamment l’arrivée au pouvoir en France d’un gouvernement socialiste, décidé à mettre un terme à la politique d’austérité jusqu’ici à l’ordre du jour en Europe.
Le premier ministre Lionel Jospin avait clairement indiqué, pendant sa campagne électorale, qu’il souhaitait que l’Italie, l’Espagne et le Portugal participent dès 1999 à l’Union économique et monétaire, et que le traité de Maastricht soit interprété avec souplesse.
PARIS, 13 Juin (Reuter). — L’Italie, la France et l’Allemagne auront bien du mal à réduire leurs déficits et à se qualifier cette année pour l’accession à l’Union économique et monétaire, si l’on en croit les prévisions publiées jeudi par l’OCDE dans ses dernières «Perspectives économiques».L’Organisation de coopération et de développement économiques prévoit en effet que ces trois pays enregistreront en 1997 un ratio déficit/PIB de 3,2%, soit un peu au-delà du critère de Maastricht de 3,0% dont l’interprétation est à nouveau l’objet d’un débat animé, relancé par l’arrivée au pouvoir en France du gouvernement socialiste de Lionel Jospin.Débat auquel, l’économiste en chef de l’OCDE, Stephen Potter a apporté sa contribution en déclarant jeudi soir: «La décision sera politique....