«Tout est urgent», a-t-elle dit sur RTL, mais «l’urgence de l’urgence, c’est l’emploi».
Il convient, selon elle, d’agir sur «trois axes majeurs». Ils visent à «relancer la croissance qui est aujourd’hui en panne, par des programmes ciblés notamment dans le bâtiment où il y a des besoins en matière de logement(...), baisser la durée du travail dans les meilleures conditions possibles pour l’emploi; et créer des activités nouvelles et aider les PME».
«La France a un taux de croissance d’un pour cent inférieur à ceux de nos voisins parce que la consommation est en panne. Les gouvernements précédents ont pesé sur le pouvoir d’achat notamment des salariés et des retraités», a-t-elle dit.
A propos des 700.000 emplois promis pour les jeunes par les socialistes pendant la campagne électorale, elle a expliqué qu’il s’agissait d’explorer des pistes nouvelles.
Nouveaux métiers
«Le pire serait avec ces emplois jeunes de refaire des Contrats emplois solidarité (CES) nouvelle formule (...) en plaçant ces jeunes dans les administrations, dans les hôpitaux, les associations pour boucher les trous. Ce n’est pas ce que nous voulons faire. Nous voulons en profiter pour répondre à des besoins qui ne sont pas remplis aujourd’hui: l’accompagnement scolaire des enfants en difficulté après l’école, la sécurité par des agents d’ambiance dans les quartiers, dans les transports», a-t-elle dit.
Les ministres vont donc «regarder où sont ces besoins, ces nouveaux métiers, pour qu’il ne s’agisse pas seulement de petits boulots, avant de lancer partout en France une mobilisation de tous ceux qui veulent y répondre», a ajouté Martine Aubry.
«En France, il y a des fonctionnaires d’un côté et le secteur privé de l’autre. Mais il y a au milieu d’autres besoins qui ne peuvent pas entrer directement dans le marché parce qu’il n’y a pas de solvabilisation de ces besoins, et qui ne peuvent pas être financés totalement par la collectivité publique. C’est à nous d’être innovant», a-t-elle insisté.
Elle a précisé que la «réforme fiscale structurelle» qu’elle préparera avec Dominique Strauss-Kahn, son collègue de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, visera notamment à «donner de la compétitivité aux entreprises» et à faciliter les «flux financiers pour les PME» innovantes.
«Nous en avons assez de ces mesures d’exonération employées par les entreprises pour employer des gens qu’elles auraient employés en tout état de cause», a-t-elle aussi déclaré.

