Le premier producteur mondial de gaz a enregistré dans le même temps une légère hausse de sa production, à 564,7 milliards de mètres cubes de gaz, a indiqué lors d’une conférence de presse Piotr Rodionov, directeur adjoint de cette compagnie contrôlée à 40,9% par l’Etat et à 1,98% par des investisseurs étrangers.
Ces résultats ont été annoncés alors que Gazprom vient de lancer une série de restructurations qui pourraient considérablement transformer l’entreprise.
M. Rodionov a ainsi confirmé que l’empire qu’est Gazprom — avec ses fermages, sa banque et d’innombrables filiales — allait se séparer d’environ 100.000 employés en 1997, sur 398.000 à fin 1996.
La plupart d’entre eux ne seront pas directement licenciés mais les départements pour lesquels ils travaillent — dont l’activité n’a souvent rien à voir avec le secteur énergétique et représentent souvent une aide sociale aux employés — «quitteront la structure Gazprom», a indiqué le responsable.
Les activités non rentables de Gazprom devraient également être peu à peu élaguées, selon M. Rodionov.
Ces restructurations doivent se faire sous la surveillance étroite du premier vice-premier ministre et ministre de l’Energie Boris Nemtsov, qui veut faire de la première et de la plus solvable des entreprises russes un modèle et un moteur de la relance des réformes économiques.
Depuis la nomination de M. Nemtsov en mars, les relations ont tourné à la polémique entre l’entreprise et son principal actionnaire, qui se doivent réciproquement plusieurs milliards de dollars, témoin à grande échelle de la crise des impayés qui étrangle l’économie russe.
Gazprom s’est engagé en mai à acquitter l’intégralité de ses arriérés d’impôts envers le budget fédéral d’ici le 1er juillet, tandis que le gouvernement s’engageait de son côté à régler ses dettes pour les livraisons de gaz aux organes d’Etat.
Mercredi, M. Rodionov a indiqué que Gazprom souhaitait que l’Etat reconnaisse officiellement sa dette envers Gazprom — qu’il a estimée à quelque 14.000 milliards de roubles (2,5 mds de dollars) au total — «sous forme d’obligations à long terme ou d’autres instruments financiers».
De son côté, la dette d’impôts de Gazprom s’élèverait aujourd’hui, compte tenu des versements déjà effectués par Gazprom, à 6.600 milliards de roubles (1,1 md de dollars), selon M. Rodionov.
Le paiement de leurs impôts par Gazprom et quelques autres grandes entreprises est vital pour le gouvernement, qui compte sur cet argent pour rembourser des mois de retraites impayées d’ici le 1er juillet prochain, et tous les arriérés de salaires au 31 décembre.

