Selon le gouverneur d’Okinawa, Masahide Ota, qui demande le retrait des bases, les GI’s ont commis 4.823 crimes et délits depuis la restitution de l’île au Japon en 1977, dont 12 meurtres, 137 incendies de forêts, des accidents de voiture.
Le viol d’une écolière de 12 ans en septembre 1995 par trois GI’s a notablement renforcé l’animosité de la population contre les bases.
Depuis, les autorités militaires américaines ont pris des mesures pour réduire ces nuisances. Des murs antibruit sont érigés autour des bases. Sur celle de Kadena, les avions sont désormais parqués plus loin des zones habitées. Les chasseurs évitent d’utiliser la post-combustion au décollage.
Les couloirs aériens ont été modifiés pour éviter les zones résidentielles. Les essais de moteurs d’avion et d’hélicoptères ont lieu dans des hangars insonorisés. Les vols d’entraînement sont interrompus entre 22h00 et 06h00, de même que les week-ends, les jours fériés et les jours d’examens scolaires.
Les magasins sur les bases ne vendent plus de boissons alcoolisées après 21h. L’âge légal pour pouvoir boire de l’alcool a été relevé de 18 à 20 ans. Les nouvelles recrues qui arrivent sont soumis à des programmes de sensibilisation sur les coutumes d’Okinawa et la nécessité d’être de «bons voisins».
Enfin, les militaires n’ont pas le droit de fréquenter les quartiers des bars proches des bases entre 1h. et 5h. S’ils sont pris ou s’ils causent des troubles, ils sont passibles de punitions exemplaires allant jusqu’à la cour martiale dans les cas les plus graves.
Selon le commandant Edmund Memi, chef des relations publiques de la base de Kadena, les incidents causés par les militaires sont en nette baisse du fait du renforcement de ces mesures de discipline.
Désormais, il y a une dizaine de délits enregistrés par an, soit 2 ou 3 délits violents commis contre des habitants d’Okinawa, auxquels s’ajoutent une quinzaine d’accidents de la route.

