Le président Bill Clinton, fort de la bonne santé insolente de l’économie américaine qui fait l’envie de ses pairs européens, souhaite mettre l’accent sur des questions plus générales et plus «parlantes» pour ses compatriotes.
Il s’agit, par exemple, de la lutte contre le trafic international de drogue et le terrorisme, et des moyens de consolider la démocratie de par le monde.
Selon le programme officiel, les «grands de ce monde» ne devraient consacrer qu’une petite heure aux questions purement économiques — samedi après-midi — lors de l’unique session excluant le nouveau membre du club, le Russe Boris Eltsine.
D’après des sources américaines, l’hôte du sommet entend souligner avec fierté la solidité de l’économie de la première puissance industrielle mondiale.
«Nous nous rendons à Denver forts d’une économie (américaine) puissante et solide», a renchéri Mike McCurry, porte-parole de la Maison-Blanche.
Pour un expert, l’économie américaine connaît actuellement un «âge d’or» avec un chômage au plus bas niveau en près de 24 ans, un déficit public relativement faible et en diminution et une inflation faible et stable.
Bill Clinton se fera très certainement un plaisir de souligner cet «état de grâce» face à un parterre de dirigeants européens aux économies minées par un chômage persistant.
Dans un discours prévu jeudi vers 19h00 GMT, le dirigeant américain devait faire valoir qu’il est temps de relever «certains des défis nouveaux auxquels le monde est confronté dans cette période de l’après-guerre froide».
Trop vaste et trop vague?
L’unique sujet de politique étrangère faisant l’objet d’une session distincte concernera, samedi, la Bosnie.
Les Américains, artisans des accords de Dayton (Ohio) de novembre 1995, souhaitent consolider les institutions démocratiques dans l’ancienne république yougoslave avant le départ, à la mi-1998, de la Force de stabilisation de l’Otan (SFOB).
A une dizaine de jours de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, les Huit (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon et Russie) devraient adjurer Pékin de respecter l’autonomie de la dernière colonie britannique d’Asie.
Les autres sujets de politique étrangère qui seront débattus comprennent le processus de paix qui piétine dangereusement au Proche-Orient, les relations entre l’Iran, l’Europe et les Etats-Unis, la poudrière chypriote et les conflits politico-ethniques au Congo et au Zaïre.
Mais beaucoup craignent que l’ordre du jour, qui abordera aussi l’excédent commercial japonais, est trop vague et trop vaste pour permettre aux participants d’entrer dans le cœur des problèmes.
Enfin, le sommet de Denver sera l’occasion pour Boris Eltsine de montrer qu’il est désormais admis pratiquement à armes égales «dans la cour des grands». Le chef du Kremlin a déjà, en fait, assisté à cinq G7 — mais seulement aux dissensions politiques.

