Motorola, qui commence à peine à mettre en place son système Iridium de satellites en orbite basse (Low Earth Orbit, LEO), a décidé de passer dès maintenant à la vitesse supérieure en créant avec Celestri un système qui combinera des LEO, placés en orbite entre 700 et 1.500 kilomètres de la terre, avec des satellites en orbite géostationnaire (36.000 kilomètres d’altitude).
Le groupe américain veut ainsi offrir des capacités très importantes pour pouvoir transmettre à haute vitesse et sur l’ensemble du globe, communications vocales, données et images.
Les premiers satellites de Celestri doivent être lancés à la fin de l’an 2000 et l’ensemble du système sera opérationnel à la fin 2002, a précisé un responsable de Motorola, Robert Edward. Le coût total du système est de 12,9 milliards USD, a-t-il précisé.
Celestri sera composé d’une soixantaine de satellites, soit environ le même nombre qu’Iridium. Teledesic compte sur près de 300 satellites, tous placés en orbite basse.
Le but de ces systèmes est d’offrir aux utilisateurs la possibilité de se connecter en n’importe quel endroit de la terre pour transmettre et recevoir des données grâce à la rotation permanente des LEO ne laissant aucun «trou» dans la couverture du globe.
Imaginé par Bill Gates, le PDG de Microsoft, et Craig McCaw, qui avait développé la première compagnie de téléphone cellulaire mondiale avant de céder à ATT en 1994, Teledesic était jusqu’alors l’initiative la plus ambitieuse avec ses 290 LEO.
Boeing, maître d’œuvre
Celestri veut offrir des capacités supérieures en combinant les LEO avec les satellites géostationnaires, beaucoup plus puissants.
Le principal inconvénient des stationnaires est la lenteur des transmissions compte tenu de leur éloignement de la terre et leur coût de lancement. Mais l’utilisation de LEO comme relais devrait permettre de réduire ces deux handicaps.
«Les utilisateurs pourront avoir à la fois l’interactivité à la demande avec les LEO et la couverture mondiale des satellites géo-stationnaires», a affirmé Robert Edward.
Les premiers satellites du réseau Iridium ont été mis sur orbite le mois dernier et Teledesic a désigné en avril le constructeur aéronautique Boeing comme maître d’œuvre de son projet qui devrait également être opérationnel à la fin 2002.
Motorola n’a pas encore passé de contrat de lancement pour les satellites de Celestri, a précisé Robert Edward. Le marché des lanceurs est actuellement saturé et les capacités pourraient manquer face aux ambitions tant de Motorola que de Teledesic.
Motorola pourrait décider, comme il l’a fait avec Iridium, de créer une société indépendante pour mettre en place et gérer le système.
L’action Iridium, introduite la semaine dernière à la bourse électronique américaine NASDAQ, cotait mardi 22-3/4 pour un prix d’introduction de 20 dollars, démontrant l’intérêt des investisseurs pour ces nouveaux systèmes de communication.
Mais la place est un peu encombrée avec, outre Teledesic, Iridium et le dernier arrivé Celestri, les systèmes Skybridge (Alcatel et Loral), Globalstar (Loral) et Global Communications (Hughes et Comstat).
Chaque système tente d’être opérationnel avant l’autre pour s’implanter sur ce nouveau marché du multimédia. Le Français Alcatel prévoit ainsi de fournir dès 2001 ses services pour 100 à 150 dollars par mois aux professionnels et aux particuliers pour 40 dollars par mois.

