Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

1975 - 1979 : les champs de la mort (photos)

PARIS, 19 Juin (AFP). — Le bilan du régime de terreur imposé par Pol Pot et les Khmers rouges aux Cambodgiens de 1975 à 1979 a été estimé ces dernières années à quelque deux millions de morts, soit le quart de la population du pays transformé alors en camp d’extermination.
Près de vingt ans après la chute des polpotistes, il est encore difficile d’évaluer le nombre de personnes ayant été sommairement exécutées, ou ayant succombé à l’épuisement causé par le travail ou les marches forcées, à la maladie, la torture, ou la faim.
Aujourd’hui à Phnom Penh, il est pratiquement impossible de rencontrer un adulte qui n’ait pas perdu alors plusieurs membres de sa famille. Le roi Norodom Sihanouk déplore lui-même la perte de 14 de ses enfants et petits-enfants morts dans des conditions atroces.
Jugé d’abord très excessif, le bilan de 3.314.768 morts communiqué par le gouvernement pro-vietnamien de Phnom Penh en 1983 pourrait se révéler proche de la réalité après la découverte récente par des chercheurs américains de milliers de nouveaux charniers dans l’est du pays.
La tragédie a été révélée par des réfugiés qui avaient réussi à échapper au massacre dès l’automne 1975, soit six mois après la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges.
A leur arrivée au pouvoir, les nouveaux dirigeants, porteurs d’une utopie agraire, contraignirent plus de deux millions d’habitants de Phnom Penh, vieillards, infirmes, enfants ou malades y compris, à quitter la ville. L’exode forcé n’épargna aucune agglomération.
Travaillant jusqu’à la limite de leurs forces et soumis à des déplacements épuisants, les Cambodgiens, sous-alimentés et vivant dans des conditions sanitaires désastreuses, succombèrent par milliers.
Intellectuels, religieux, collaborateurs de l’ancien régime furent éliminés en grand nombre. Le principe d’une épuration avait été arrêté dès juillet 1976. Les grandes purges prirent de l’ampleur en 1977 avant de connaître une recrudescence en mai 1978.

A coups de pioche

«J’ai personnellement participé à l’exécution de 5.000 personnes», avoua Chong Bo, un ancien khmer rouge réfugié en France en 1976. «Ils étaient mis à mort à coups de pioche dans la tête». Ces massacres eurent lieu en plusieurs fois dans deux provinces en septembre 1975, selon ce témoin.
Un autre jeune Khmer rouge, Nuon Sary, âgé de 16 ans, avouera avoir participé en juin 1978 à la tuerie de 10.000 personnes convaincues d’être pro-vietnamiennes. «J’ai bu un grand verre d’alcool mélangé à du foie humain, et après j’ai tiré toute la journée», déclara-t-il un an plus tard.
L’une des plus macabres reliques de l’époque khmère rouge est la prison de Tuol Sleng, à Phnom Penh, aujourd’hui transformée en «Musée du génocide» où furent interrogés et torturés, de 1976 à 1978, 14.000 à 20.000 «contre-révolutionnaires» avant d’être tués dans un champ voisin. Sept détenus seulement ont survécu au «Centre d’interrogation S-21», nom de Tuol Seng.
La majorité des condamnés était des cadres du régime polpotiste victimes des purges de l’Angkar, la toute puissante organisation communiste qui a géré le Cambodge de 1975 à 1979.
Les instruments de supplice y sont exposés: à côté de la matraque, des électrodes, des tuyaux de caoutchouc, des fils électriques, des badines de bambou. Les clichés insoutenables témoignent de ce qu’ils pouvaient infliger aux chairs (visages réduits en bouillie sanglante, plaies béantes).
Pour la mise à mort, selon le guide du musée, tous les moyens étaient bons: la hache, la pelle, le bâton, la pendaison, l’étouffement, l’électrocution, les amputations et même les piqûres d’insectes venimeux, ce dernier traitement étant surtout réservé aux femmes qui auparavant subissaient des mutilations sexuelles.
Ces exactions sont jusqu’à nos jours restées impunies. Lors du «procès de Phnom Penh», organisé par le régime pro-vietnamien en 1979, Pol Pot, le numéro un du régime et son bras droit, Ieng Sary, ont été condamnés à mort par contumace, «pour des actes criminels avec intention de commettre un génocide», sentence qui est restée sans suite.
PARIS, 19 Juin (AFP). — Le bilan du régime de terreur imposé par Pol Pot et les Khmers rouges aux Cambodgiens de 1975 à 1979 a été estimé ces dernières années à quelque deux millions de morts, soit le quart de la population du pays transformé alors en camp d’extermination.Près de vingt ans après la chute des polpotistes, il est encore difficile d’évaluer le nombre de personnes ayant été sommairement exécutées, ou ayant succombé à l’épuisement causé par le travail ou les marches forcées, à la maladie, la torture, ou la faim.Aujourd’hui à Phnom Penh, il est pratiquement impossible de rencontrer un adulte qui n’ait pas perdu alors plusieurs membres de sa famille. Le roi Norodom Sihanouk déplore lui-même la perte de 14 de ses enfants et petits-enfants morts dans des conditions atroces.Jugé d’abord...