La banque centrale, qui a acheté des centaines de millions de dollars US ces derniers jours pour contrer l’appréciation du shekel, a annoncé une baisse de 1,2 point de son taux directeur qui passe ainsi à 12,7% contre 13, 9% précédemment.
Parallèlement, le gouvernement de M. Netanyahu a décidé de lever les contrôles sur les changes et d’autoriser le shekel à fluctuer plus largement que précédemment par rapport à un panier de cinq devises internationales.
Le ministre des Finances Dan Méridor, estimant que la banque centrale aurait dû porter l’essentiel du poids de la libéralisation en diminuant beaucoup plus les taux d’intérêt, a présenté sa démission mercredi avant l’aube. La démission doit prendre effet vendredi.
M. Netanyahu a défendu la réforme monétaire en la présentant comme une victoire du capitalisme libéral. «Nous faisons ce qui est nécessaire pour promouvoir le marché», a affirmé le premier ministre dans une interview à la radio publique. «Le marché a un grand potentiel», a-t-il ajouté.
M. Netanyahu, mettant en application la «révolution libérale» qu’il a promise depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, a obtenu dans la nuit l’accord de son gouvernement pour supprimer le contrôle des changes en place depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948.
Les Israéliens, au terme de l’application de la réforme qui doit prendre un an, pourront acheter librement des devises, ouvrir des comptes à l’étranger et investir dans les bourses et les sociétés internationales.
M. Netanyahu a soutenu la réforme en arguant de la sous-évaluation du shekel par rapport aux principales monnaies mondiales. La banque centrale a également loué la libéralisation qui marque selon elle, «l’entrée graduelle du marché israélien dans l’économie mondiale».
Pour compléter le dispositif, M. Netanyahu a annoncé un coup d’accélérateur dans les privatisations, en cédant les actions détenues par l’Etat dans plusieurs grandes banques et 24% du capital de la Bezek, la compagnie nationale des télécommunications.
Enfin, une coupe supplémentaire de 180 millions de dollars dans le budget a été décidée. Au début de l’année, le budget avait déjà été élagué de 400 millions de dollars.
M. Méridor, se faisant l’écho du grand patronat, a combattu la réforme en estimant qu’elle allait conduire à une réévaluation du shekel, alimentant ainsi l’inflation et le chômage et entravant les exportations israéliennes.
L’économie israélienne, dopée pendant trois ans par le processus de paix avec les Arabes, s’essouffle depuis l’arrivée de M. Netanyahu au pouvoir. La croissance du Produit national brut (PNB), qui avait dépassé 5% ces dernières années, a reculé de moitié au premier trimestre 1997. Le chômage touche 7,5% de la population active au premier trimestre, contre 6,6% pendant la même période de 1996.
Enfin, le gouvernement n’est pas parvenu à ramener durablement l’inflation sous la barre des 10% en rythme annuel, ce qui amenait la Banque d’Israël a poursuivre une politique de très hauts taux d’intérêt, freinant la croissance et les investissements.

