JERUSALEM, 12 Juin (AFP). — Le gouvernement des Etats-Unis a suspendu toute coopération entre les sociétés américaines et l’Université Ben-Gourion de Beersheba (désert du Néguev), craignant qu’elle soit utilisée à des fins nucléaires militaires.
Selon la presse israélienne de jeudi, l’université est notamment privée d’accès aux super-ordinateurs américains qu’elle pourrait éventuellement utiliser pour réaliser des simulations de tests nucléaires.
Le professeur Yigal Ronen, responsable du département du Génie nucléaire de l’université, a confirmé qu’en raison de cet interdit son équipe était notamment «privée de fonds et d’assistance technologique américains, ainsi que de contacts avec ses collègues aux Etats-Unis dans divers domaines».
Selon lui, la coopération avec les entreprises américaines date des années quatre-vingts et cette mesure «n’a pas lieu d’être». «Nous ne menons pas de recherches nucléaires à des fins militaires mais les Américains sont exagérément sensibles, sans doute à cause de la proximité géographique de notre université avec la centrale nucléaire de Dimona», a-t-il expliqué à la radio israélienne.
Le professeur Ronen a ajouté que son département «coopère étroitement avec des collègues de pays européens et du Japon, notamment dans le domaine de la médecine nucléaire où elle occupe une position dominante».
Le président de l’Université Ben Gourion, Avishaï Braverman, a de son côté adressé une lettre à l’ambassadeur des Etats-Unis à Tel-Aviv Martin Indyx pour lui demander d’intervenir contre ces sanctions. Il a notamment fait valoir que son établissement était strictement privé et n’était en rien impliqué dans les projets du gouvernement israélien.
La presse israélienne a par ailleurs précisé que la sanction américaine frappant l’Université Ben Gourion visait également quatre sociétés chinoises soupçonnées d’avoir transféré de la technologie nucléaire à l’Iran.
Selon le magazine spécialisé Jane’s de Londres, Israël dispose d’au moins 200 ogives nucléaires et des vecteurs adéquats pour les transporter le cas échéant.


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