Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Espèces menacées : Tokyo face aux critiques internationales

TOKYO, 9 Juin (AFP). — Le Japon sera, comme chaque année, au centre des critiques à l’occasion de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (CITES) dont la réunion 1997 débute lundi à Harare (Zimbabwe).
Premier dossier sur lequel le Japon risque de se retrouver en position d’accusé: l’ivoire. Les Japonais ont longtemps été traditionnellement de gros consommateurs d’ivoire, utilisé pour la fabrication des sceaux.
Chaque adulte en possède au moins un qui lui sert à authentifier les actes officiels en lieu et place de la signature manuscrite qui n’est pas pratiquée dans ce pays. Les sceaux sont utilisés de la même façon à Hong-Kong, Taïwan, en Chine, à Singapour.
Si les sceaux en ivoire sont devenus rares au Japon où ils sont désormais le plus souvent remplacés par des sceaux en pierre ou en bois dur, l’archipel était le plus gros importateur d’ivoire jusqu’à l’imposition d’un embargo mondial en 1989.
Trois pays africains, le Botswana, le Zimbabwe et la Namibie, comptent profiter de cette réunion pour demander la reprise du commerce de l’ivoire. Fin mars, le Botswana a sollicité le feu vert de la CITES pour vendre 25 à 30 tonnes de ses stocks d’ivoire au Japon. Cet ivoire proviendrait d’éléphants morts «de façon naturelle». Les deux autres pays devraient faire de même.
Le Japon a cependant exprimé un signe apparent de bonne volonté avant l’ouverture de la conférence. La police japonaise a perquisitionné une entreprise de traitement de l’ivoire à Tokyo et confisqué un stock de 7,1 tonnes d’ivoire. Le président de cette entreprise, un homme de 51 ans, ne disposait pas des autorisations nécessaires, a expliqué vendredi l’agence Kyodo qui citait des sources policières.
Cet ivoire proviendrait toutefois de stocks importés au Japon avant l’entrée en vigueur de l’embargo international. Mais le calendrier de cette perquisition n’est vraisemblablement pas une coïncidence.
En effet, la capacité des autorités japonaises de contrôler le commerce de l’ivoire sur le territoire nippon et de faire respecter l’embargo doit être l’une des questions discutées à Harare.
Cette réunion rassemblera 1.500 représentants des 138 pays de la convention. Selon les estimations, il resterait moins de 500.000 éléphants en Afrique contre 2,5 millions au début des années 70.
Autre sujet délicat pour le Japon: la chasse à la baleine. Le WWF (Fonds mondial pour la nature) a sévèrement critiqué le Japon et la Corée du Sud à la mi-mai, estimant que les contrôles sur le commerce illégal de viande de baleine étaient inadéquats.
En dépit du moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine décidé en 1986, les consommateurs japonais peuvent facilement trouver de la viande de baleine du fait d’une législation locale déficiente, estime TRAFFIC, l’organisme de contrôle du commerce des espèces menacées dépendant du WWF, dans un rapprot préparé pour la conférence de Harare.

«Chasse scientifique»

Le Japon affirme respecter le moratoire. Il déclare ne procéder qu’à une «chasse scientifique» dans l’Antarctique qui a porté sur un quota annuel de 440 baleines pour la dernière saison. S’y ajoutent 100 petits rorquals dans le Pacifique, contre 330 en tout pour la saison 1995.
Si le principe de la «chasse scientifique» du Japon est accepté par la Commission baleinière internationale (CBI), il est condamné par les organisations non-gouvernementales comme le WWF qui y voient une chasse commerciale déguisée.
La viande de ces baleines est en effet commercialisée et proposée dans de nombreux restaurants du pays. Il reste que l’industrie baleinière japonaise qui a quatre siècles d’existence est clairement touchée par le moratoire.
Le Japon a préparé quatre propositions pour la reprise du commerce de la viande de baleine à l’occasion de cette conférence.
TOKYO, 9 Juin (AFP). — Le Japon sera, comme chaque année, au centre des critiques à l’occasion de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (CITES) dont la réunion 1997 débute lundi à Harare (Zimbabwe).Premier dossier sur lequel le Japon risque de se retrouver en position d’accusé: l’ivoire. Les Japonais ont longtemps été traditionnellement de gros consommateurs d’ivoire, utilisé pour la fabrication des sceaux.Chaque adulte en possède au moins un qui lui sert à authentifier les actes officiels en lieu et place de la signature manuscrite qui n’est pas pratiquée dans ce pays. Les sceaux sont utilisés de la même façon à Hong-Kong, Taïwan, en Chine, à Singapour.Si les sceaux en ivoire sont devenus rares au Japon où ils sont désormais le plus souvent remplacés par des sceaux en pierre...