Majoli (19 ans et tête de série No 9) n’a pas produit un tennis flamboyant pour remporter (6-4, 6-2) le simple dames des internationaux de France, son premier titre dans un tournoi du grand chelem. Il lui a suffi, comme elle l’avait dit aussi, de jouer son jeu, solide, sérieux, avec notamment un excellent coup droit, et d’être agressive sur le court.
«Ma tactique était très simple, disait Majoli. Je ne voulais pas lui laisser développer son jeu, je voulais contrôler le match. Je me suis donc concentrée sur chaque point, sans penser au public, sans penser au gain du match. Je crois que j’étais très forte dans ma tête, aujourd’hui. D’ailleurs, je n’ai jamais douté, même quand j’ai raté quelques coups, au début».
Hingis, 16 ans, No 1 mondiale, tête de série No 1 du tournoi, championne d’Australie et qui n’avait pas perdu lors de ses 37 derniers matches, n’a été en revanche que l’ombre de la joueuse brillante, vive, inspirée, qui avait écarté l’Espagnole Arantxa Sanchez en quarts mercredi, et l’Américaine Monica Seles en demi-finale, vendredi.
«Mon but était d’arriver en demi-finale, je n’ai donc pas à être déçue d’avoir disputé la finale, expliquait-elle. Mais j’étais fatiguée, j’ai mal servi, elle ne m’a laissé aucune chance d’entreprendre quelque chose... Elle a mieux joué que moi, c’est tout».
A un jeu de la fin de la rencontre, elle se fit longuement masser les cuisses, sentant venir des crampes. Contrecoup des efforts accumulés en simple, ajouté à la fatigue consentie samedi dans un double interminable? Ou manque de compétition, après sa blessure à un genou à la suite d’une chute de cheval qui l’a tenue éloignée des courts pendant sept semaines?

