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Actualités - Chronologie

Chirac, le grand perdant en France et à l'étranger

PARIS, 4 Juin (AFP). — Le président Jacques Chirac apparaît comme le grand perdant, en France mais surtout à l’étranger, de la victoire de la gauche aux élections législatives anticipées dont il avait pris l’initiative.
M. Chirac n’a pas réagi à la cinglante défaite de sa majorité, son entourage se contentant de faire valoir dès dimanche soir que «la démocratie exige, quand on souhaite que le pays franchisse une nouvelle étape, qu’on consulte le peuple». C’est à la nouvelle majorité de «démontrer qu’elle a dans son action l’adhésion durable des Français», soulignait-on.
Ces élections qui devaient dans l’esprit de M. Chirac lui donner une majorité resserrée pour aborder en position de force la dernière ligne droite de la monnaie unique, se sont avérées une énorme erreur stratégique, une terrible arme boomerang qui le contraint désormais à partager son pouvoir avec le leader socialiste Lionel Jospin.
Mais ce faux calcul a aussi terni son image vis-à-vis de l’étranger où il s’est forgé, depuis son arrivée à l’Elysée en 1995, la réputation d’un chef d’Etat dynamique et volontaire, voire doué d’une grande intelligence politique.
Sa décision de reprendre les essais nucléaires dans le Pacifique, quitte à braver les protestations des riverains, ses initiatives pour résoudre la crise bosniaque, sa façon de se propulser au centre de la construction européenne, et imposer la marque de la France à l’OTAN ou au G7, ont marqué les esprits.
Depuis lundi, la presse internationale ne cesse de mettre en évidence l’échec personnel de M. Chirac, 64 ans, en soulignant ses «erreurs politiques grossières» et estimant qu’il «siégera affaibli dans les prochaines grandes réunions internationales».
Les journaux français, au diapason, ont parlé d’une «belle raclée» pour celui qui est intervenu à plusieurs reprises au cours de la campagne pour exhorter les Français à ne pas ramener au pouvoir «les idées socialistes d’hier». Des radios ont aussi diffusé des commentaires d’auditeurs de droite, virulents contre le chef de l’Etat.

Un pays bicéphale

En forçant une fois de plus le destin, M. Chirac, surnommé «bulldozer» par son ancien patron, le premier ministre gaulliste Georges Pompidou, savait qu’il prenait un risque personnel et se déclarait prêt à en assumer les conséquences.
Ce n’est pas la première fois qu’il se jetait dans la mêlée. En politique depuis 1962, il a accédé à l’Elysée en 1995 au terme d’un combat âpre et constant de plus de vingt ans, marqué par deux échecs en 1981 et 1988. Il a alors battu son rival gaulliste Edouard Balladur et Lionel Jospin, aujourd’hui son nouveau premier ministre.
Avec ce dernier, il réédite une cohabitation qu’il avait lui-même mal vécue, de l’autre côté de la barrière, entre 1986 et 1988, en tant que premier ministre du socialiste François Mitterrand.
La perspective d’une cohabitation inédite de cinq ans a suscité des interrogations. Des personnalités comme l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing estiment qu’on ne pourrait en sortir que par «une crise», une nouvelle dissolution — impossible avant un an en vertu de la Constitution — ou une démission du président de la République.
Le leader du Front national d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen, dont le parti a réintégré, avec un député, le Parlement, après avoir recueilli près de 15% des voix, a réclamé une fois de plus le départ du président: «Il a joué à quitte ou double» et il a «perdu», a-t-il dit.
Les Français, eux, souhaitent dans une grande majorité que M. Chirac reste à l’Elysée (61%) selon un sondage réalisé dimanche soir. Mais ils sont aussi nombreux à douter que la nouvelle cohabitation puisse durer les cinq années prévues.
En attendant, la France désormais bicéphale devra trouver un ton au moins harmonieux lors des rendez-vous internationaux les plus imminents: sommet franco-allemand le 13 juin à Poitiers (France), sommet européen sur la révision du traité de Maastricht, les 16 et 17 à Amsterdam, sommet du G7 à Denver (Etats-Unis) du 20 au 22, et sommet de l’OTAN sur l’élargissement de l’Alliance atlantique, les 8 et 9 juillet à Madrid.
PARIS, 4 Juin (AFP). — Le président Jacques Chirac apparaît comme le grand perdant, en France mais surtout à l’étranger, de la victoire de la gauche aux élections législatives anticipées dont il avait pris l’initiative.M. Chirac n’a pas réagi à la cinglante défaite de sa majorité, son entourage se contentant de faire valoir dès dimanche soir que «la démocratie exige, quand on souhaite que le pays franchisse une nouvelle étape, qu’on consulte le peuple». C’est à la nouvelle majorité de «démontrer qu’elle a dans son action l’adhésion durable des Français», soulignait-on.Ces élections qui devaient dans l’esprit de M. Chirac lui donner une majorité resserrée pour aborder en position de force la dernière ligne droite de la monnaie unique, se sont avérées une énorme erreur stratégique, une...