Déjà vainqueur à Roland-Garros en 1993 et 1994 avant de se blesser sérieusement au genou, l’Espagnol, classé 19e mondial et tête de série numéro 16, a fait son chemin dans le tournoi sans faire de bruit, échappant à l’hécatombe dont furent victimes les autres prétendants au titre.
«C’est une grande satisfaction de revenir à ce niveau lorsque l’on a été blessé. Il a fallu faire beaucoup d’efforts, ne pas se laisser décourager et aujourd’hui, c’est une récompense», se réjouissait Bruguera mercredi.
Net vainqueur en huitièmes de finale du deuxième joueur mondial Michael Chang, puis de l’étonnant Marocain Hicham Arazi en quarts, Sergi Bruguera ne devrait pas manquer l’occasion de disputer une troisième finale. Mais pour ce faire, il devra battre vendredi l’Australien Patrick Rafter, 25e mondial.
Formé à l’école des grands attaquants, Rafter a su profiter des conditions météorologiques favorables à son type de jeu, habituellement plus propice aux surfaces rapides, pour passer les tours et atteindre pour la première fois de sa carrière le dernier carré de Roland-Garros.
Avantage Kuerten
Premier Australien depuis Phil Dent en 1977 à se hisser à ce stade de la compétition Porte d’Auteuil, Patrick Rafter ne partira pas battu d’avance face à Sergi Bruguera qui lui a déjà infligé quatre sévères leçons en autant de rencontres sur terre battue.
«Les deux fois où je l’ai rencontré à Roland-Garros (en 1994 et en 1995), il m’a écrasé. Mais il n’est pas question que je change mon jeu. Vous savez, je sers et je volleye bien mieux qu’à l’époque», a prévenu Patrick Rafter.
Quel que soit le résultat de la rencontre Bruguera-Rafter, un joueur non tête de série disputera bien l’ultime rencontre de la quinzaine puisque l’autre demi-finale opposera le Brésilien Gustavo Kuerten, 66e mondial, au Belge Filip Dewulf, 122e, premier qualifié à atteindre le dernier carré d’un tournoi du Grand Chelem depuis Bob Giltinan, demi-finaliste de l’Open d’Australie en 1977, et John McEnroe, auteur de la même performance la même année à Wimbledon.
Les deux hommes ne se sont jamais rencontrés mais Kuerten, tombeur successif de Thomas Muster, vainqueur en 1995, Andreï Medvedev et Evgueni Kafelnikov, tenant du titre, partira avec les faveurs des pronostics.
Le Brésilien a en effet montré un jeu et une palette de coups plus complets que son futur adversaire dont le tennis s’appuie essentiellement sur un grand coup droit frappé à pleine puissance.
Et s’il atteignait la finale dimanche, Gustavo Kuerten pourrait peut-être rêver de faire la pige à ces compatriotes footballeurs — eux aussi présents dans l’Hexagone pour disputer le Tournoi de France — en leur arrachant les gros titres de la presse brésilienne.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine