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Actualités - Chronologie

Une défaite humiliante pour Jacques Chirac et un échec cinglant (photos)

PARIS, 2 Juin (AFP). —La gauche a remporté dimanche une victoire éclatante dans les élections législatives françaises, infligeant une défaite humiliante au président gaulliste Jacques Chirac qui sera contraint de partager le pouvoir avec le leader socialiste Lionel Jospin.
Assommée par son échec cinglant, la majorité de droite sortante a, dès l’annonce des résultats dimanche soir, commencé à se déchirer, à la recherche de boucs émissaires, et semble promise à des lendemains traumatisants, voire même à l’éclatement.
Mais la victoire de la gauche pourrait aussi aboutir à une double cohabitation. Le Parti socialiste et ses alliés non communistes ont en effet raté de peu la majorité absolue dans la future assemblée nationale et devront donc s’assurer du soutien du Parti communiste (PCF) de Robert Hue, ce qui pourrait susciter de profondes inquiétudes en Europe.
Le PCF est en effet opposé à la monnaie unique européenne et au traité de Maastricht. Il réclame au plan économique et social des mesures immédiates fortes pour relancer la croissance et réduire rapidement le chômage.
Le programme socialiste, qui s’est affadi au fil de la campagne, prévoit un plan volontariste pour l’emploi de 700.000 jeunes, la réduction du temps de travail à 35 heures ou le refus de privatisations. Les dirigeants socialistes ont souligné que ces mesures ne pourraient être réalisées que progressivement.
M. Hue souhaite aussi la présence de membres de son parti dans le futur gouvernement, que dirigera selon toute vraisemblance l’artisan de cette victoire Lionel Jospin.

Les priorités de Jospin

Cette double cohabitation risque d’entraîner de très vives réactions à la bourse de Paris. Elle avait déjà subi la semaine dernière des journées en dents de scie et son indice vedette avait perdu 6,5%.
Selon les résultats définitifs, les socialistes ont obtenu 240 sièges, leurs alliés divers gauche 28, et les écologistes 7, soit un total pour la gauche non communiste de 275 sièges. La majorité absolue à l’Assemblée nationale est de 289 sièges. Les communistes sont crédités de 38 sièges.
La coalition de droite sortante obtient 253 sièges (RPR 131, UDF 108, divers droite 14). Le Front national d’extrême-droite n’obtient qu’un siège.
Les dix circonscriptions non encore comptabilisées sont situées outre-mer.
En prenant acte de cette victoire, M. Jospin a mis en avant quatre priorités: «réorientation de la construction européenne», «exigence de justice, «profonde rénovation de la vie publique» et «politique économique et sociale au service de l’homme».
Ancien ministre et universitaire, M. Jospin est respecté pour son intégrité, mais ses détracteurs l’estiment dénué de charisme. Il est sorti de l’ENA, l’école de l’élite technocratique, comme la majorité des dirigeants politiques français, y compris MM. Chirac et Juppé.
M. Juppé a admis la défaite de la droite et souhaité «bonne chance à ceux qui vont à présent gouverner la France», et aussi «bonne chance à la France».
Il a affirmé qu’il fallait «entamer la reconstruction d’une force politique». Il a ajouté qu’il faudrait «tirer toutes les conséquences de l’échec» de la droite UDF-RPR aux élections et qu’il continuerait à soutenir l’action du président Chirac.
Elu il y a deux ans, M. Chirac a, lui, subi un cinglant revers, ayant perdu son pari d’une reconduite de sa majorité jusqu’au terme de son mandat, en 2002. Il voit son pouvoir et son prestige sérieusement entamés et ne pourra dissoudre la nouvelle Assemblée, ni convoquer des élections, avant un an.
Il avait décidé le 21 avril d’anticiper les élections générales, dix mois avant terme, mettant en avant les grandes échéances que la France doit affronter, en particulier le passage à l’euro, début 1999.

Les défis

Les premiers défis que devra affronter la nouvelle équipe au pouvoir seront le chômage, qui a atteint le taux record de 12,8% de la population active, et le passage à l’euro, le plus grand défi européen du tournant du siècle.
Une «union nationale» droite-gauche s’était dégagée en France avant le scrutin en faveur d’une «interprétation souple» du traité de Maastricht, en particulier le critère de 3% des déficits publics par rapport au PIB.
Selon un sondage Louis Harris, 46% souhaitent que le nouveau gouvernement négocie les critères budgétaires pour le passage à l’euro, «quitte à isoler la France dans l’Union européenne», 38% veulent qu’il les respecte tous, «quitte à mener une politique d’austérité».
Par deux fois depuis 1986, la France a connu un régime de «cohabitation», mais entre un président de gauche, François Mitterrand, et un premier ministre de droite, M. Chirac (1986-1988) puis Edouard Balladur (1993-1995).
Avec la victoire du camp de gauche, l’alternance politique aura joué six fois en France en seize ans, chaque majorité sortante, de gauche ou de droite, étant systématiquement battue.
La coalition de droite, formée du RPR, de l’UDF et de divers droite, avait raflé en 1993 les 4/5es des sièges de l’Assemblée nationale, dans un raz-de-marée conservateur.
Le Front national (extrême-droite), qui était devenu le 3e parti de France le 25 mai, frôlant les 15% de suffrages exprimés, refait son entrée à l’Assemblée nationale, avec 1 député. Son leader, Jean-Marie Le Pen a appelé M. Chirac à la démission: «Il a joué à quitter ou double et il a perdu», a-t-il dit.

PARIS, 2 Juin (AFP). —La gauche a remporté dimanche une victoire éclatante dans les élections législatives françaises, infligeant une défaite humiliante au président gaulliste Jacques Chirac qui sera contraint de partager le pouvoir avec le leader socialiste Lionel Jospin.Assommée par son échec cinglant, la majorité de droite sortante a, dès l’annonce des résultats dimanche soir, commencé à se déchirer, à la recherche de boucs émissaires, et semble promise à des lendemains traumatisants, voire même à l’éclatement.Mais la victoire de la gauche pourrait aussi aboutir à une double cohabitation. Le Parti socialiste et ses alliés non communistes ont en effet raté de peu la majorité absolue dans la future assemblée nationale et devront donc s’assurer du soutien du Parti communiste (PCF) de Robert Hue, ce qui...