«Tout effort pour rétablir l’ordre et la légitimité démocratique est le bienvenu» si la junte militaire, auteur du coup d’Etat, «persiste à infliger pillages et dégâts», a déclaré M. Anyaoku à la BBC, précisant qu’il ne considérerait pas une action militaire régionale en ce sens «comme une invasion».
Le gouvernement britannique s’est pour sa part montré beaucoup plus réservé que le secrétaire général du Commonwealth, estimant «qu’il n’est pas clairement établi qu’une force d’intervention est nécessairement la bonne solution».
«Le premier impératif est d’éviter la violence et de trouver la façon la plus pacifique possible de revenir à un gouvernement civil et démocratique», a commenté un porte-parole du Foreign Office.
Dans une seconde interview, M. Anyaoku a toutefois insisté qu’il voyait «la possibilité pour des troupes de l’Afrique de l’Ouest d’intervenir en Sierra Leone pour rétablir l’ordre et la légitimité».
A Freetown, la junte militaire avait indiqué qu’elle s’attendait à une invasion «de troupes étrangères», dont on estime qu’il s’agirait de troupes nigérianes de la force de paix ouest-africaine ECOMOG.
«Si des troupes étrangères intervenaient dans ce pays pour aider à rétablir l’ordre (...) je ne décrirais pas cela comme une invasion», a déclaré M. Anyaoku, citant en exemple l’intervention d’une force multinationale qui avait permis de «rétablir la démocratie» en Haïti en 1994.
«Il y a eu des discussions avec les leaders du coup d’Etat pour tenter de les ramener» vers la démocratie, a déclaré M. Anyaoku, indiquant qu’il avait «parlé à trois reprises au leader du coup d’Etat», le commandant Johnny Koroma.
M. Anyaoku a assuré qu’à sa connaissance, «si une action militaire étrangère survenait, elle ne serait pas la seule action du Nigeria, mais une action prise par un sous-groupe régional», en référence à l’ECOMOG.
«C’est une bonne chose que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest se regroupe et décide de ne pas tolérer le renversement inacceptable d’un gouvernement démocratiquement élu» comme en Sierra Leone, a-t-il estimé.
Concernant l’inquiétude de voir des troupes du Nigeria, lui-même un régime militaire, mener l’intervention pour rétablir la démocratie en Sierra Leone, M. Anyaoku a rappelé que le Nigeria «s’est engagé à revenir à un gouvernement démocratiquement élu» en 1998.
«On est en droit d’attendre que cela se produira, que le Nigeria n’engagerait pas ses troupes dans l’ECOWAG pour rétablir la légitimité en Sierra Leone si ses projets pour rétablir sa légitimité dans son propre pays n’étaient pas dignes de foi», a-t-il déclaré.

