Finale de la Ligue des champions contre la Juventus de Turin. Une minute ne s’est pas écoulée depuis que l’entraîneur allemand Ottmar Hitzfeld a offert à Ricken sa première finale continentale en le substituant au Suisse Stéphane Chapuisat (70e).
Sur un contre, Andreas Moeller lance Ricken. Poursuivi, le blanc-bec n’écoute que l’effronterie de ses quelques printemps. Un lob de 25 mètres dans la course scelle le sort des Italiens (3-1).
«J’avais constaté que le gardien Peruzzi s’avançait beaucoup», racontait ensuite le joker de Dortmund, «je ne pouvais croire que l’occasion se présenterait, c’est fou que ça ait marché aussi vite». A cet instant, «j’ai choisi ce qu’il y avait de plus sensé», plaisantait-il. «Incroyable d’avoir la tête aussi froide à son âge», s’extasiait Hitzfeld.
Le monsieur Europe du Borussia n’en était pas à son coup d’essai. Il avait déjà inscrit le but de la victoire 1-0 à Manchester en demi-finale et à Auxerre en quart de finale, ainsi que le premier but du succès 3-0 à Bucarest dans les poules. Mercredi, il a marqué son huitième but européen contre une Juventus à laquelle il avait déjà réglé son compte à Turin en 1995 dans les groupes qualificatifs de la même compétition (2-1).
Détermination
Vingt ans d’âge et l’assurance d’un trentenaire alliée à une redoutable insouciance. «La Juve a été aussi difficile à battre que prévu», lançait pince-sans-rire cet amateur de musique «Heavy Metal» qui effectue actuellement son service militaire. «Ne vous inquiétez pas, je vais marquer», avait-il glissé à son président Gerd Niebaum avant Manchester. Chose promise…
«Peut-être que les succès précoces ont donné à Lars cette foi et cette détermination absolues qui le caractérisent», explique son coéquipier Stefan Reuter. Les longues invalidités de Chapuisat et de Karlheinz Riedle ont accordé au remplaçant de luxe, tantôt milieu, tantôt attaquant, une part prépondérante aux succès du Borussia, son club depuis 1990. A son actif de jouvenceau: une consécration continentale, 25 matches européens, deux championnats nationaux, 74 matches de Bundesliga (11 buts).
Avant mercredi, le but qui avait ouvert à la 119e minute la voie des quarts de finale de la Coupe de l’UEFA aux dépens de la Corogne constituait son «souvenir le plus fort». Celui infligé à la Juve «m’accompagnera toute ma vie», nuançait mercredi le capitaine (en attendant mieux) de l’équipe nationale espoirs.


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