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Actualités - Interviews

Seguin réclame une troisième voie dans la construction européenne

PARIS, 28 Mai (Reuter). — Philippe Séguin confirme dans une interview à «L’Express» son acceptation de la monnaie unique mais rejette l’objectif de 3% de déficit et réclame «une troisième voie libérale et sociale, de la construction européenne».
Favori des sondages pour la succession d’Alain Juppé en cas de victoire de la droite aux élections législatives, le président de l’Assemblée nationale sortante s’oppose à «une approche d’apothicaire sur les conditions d’entrée à l’euro».
«Le maximum de pays doivent y participer», dit-il. «Il ne faut pas non plus gérer la monnaie unique avec comme seule préoccupation la lutte contre l’inflation». Il faut «mettre dans le traité que l’emploi est la priorité des priorités».
Pour Philippe Séguin, «un objectif de 3% de déficit dans une période d’expansion, ce n’est pas de la vertu» et «dans une période de restriction organisée, c’est du masochisme». «Comment voulez-vous au niveau où nous en sommes en matière d’emploi, convaincre le pays?», ajoute-t-il.
Il souligne que «si c’était à refaire, il revoterait contre ce traité» de Maastricht «dont tout le monde dit aujourd’hui qu’il est mauvais» mais que «le peuple français s’est prononcé».
«La signature de la France est engagée», ajoute-t-il. «Cela n’est pas rien . Cette signature doit être honorée. Ce problème est donc dépassé. On peut le regretter mais c’est ainsi. Il faut faire avec ce que l’on a».

«La France,
c’est la France»

Philippe Séguin juge que la France peut peser sur l’Allemagne durant les dernières négociations sur le passage à la monnaie unique. «La France, c’est la France, quand même! Sans la France, il n’y a pas de monnaie unique».
«Nous sommes dans un carcan», dit-il. «J’ose espérer que dès lors que sera fait l’euro et qu’il n’y aura plus à convaincre l’opinion publique allemande, on le desserrera».
Philippe Séguin avance une série de propositions économiques: «retrouver un peu de croissance(…), traiter de manière différente le secteur industriel exposé à la concurrence et le secteur non concurrentiel(…), explorer les activités nouvelles».
Il se prononce pour une révision du mode de financement de la protection sociale. «Ne nous leurrons pas, nous n’allègerons pas les prestations alors qu’on vit de plus en plus vieux et que la demande de santé est plus forte», précise-t-il.
Le président de l’Assemblée nationale sortante s’inscrit en faux contre les libéraux qui soutiennent que le chômage vient d’un excès de dépenses publiques et de prélèvements.
«Ce n’est pas cela qui est important! Le problème est de savoir si notre mode de prélèvement est contradictoire avec notre potentiel d’emploi. Il l’est. Il faut donc l’organiser autrement. Cela peut-être par le CSG. Cela peut-être sous réserve d’une approche européenne, la TVA».

Dans la ligne de 1995

Philippe Séguin se dresse aussi contre les dirigeants de la majorité qui n’ont cessé sous les gouvernements d’Alain Juppé et d’Edouard Baladur d’insister sur la nécessité de réformer.
«La réforme, c’est un mot vide de sens», dit-il. «C’est comme le mot redressement! Depuis que je suis tout petit, j’entends parler de la nécessité de redresser la France comme si elle était constamment en train de s’affaler», dit-il.
«Arrêtons de considérer chaque fois nos prédécesseurs comme des incapables, des malfaiteurs qui voulaient le mal de la France. D’ailleurs, la France continue d’être une grande puissance mondiale avec un très fort potentiel».
Sur un plan politique, Philippe Séguin se place dans la ligne de la campagne présidentielle de Jacques Chriac dont il avait été, en 1995, un des principaux animateurs.
«L’action engagée depuis 1995 par Jacques Chirac doit être poursuivie dans la direction qu’il a indiqué tout au long de la campagne présidentielle», dit-il.
Quant au résultat du premier tour des élections législatives, il juge que les Français forment «un peuple formidable qui a parfaitement compris le système politique et a voté en conséquence».
«Les Français ne veulent pas le changement pour le changement. Ils attendent des perspectives claires, une feuille de route crédible et équitable. Ils ne l’ont pas et la réclament. Plus encore qu’un coup de semonce, ils ont formulé, une nouvelle fois avec force, cette demande à laquelle on s’obstine à ne pas répondre».
PARIS, 28 Mai (Reuter). — Philippe Séguin confirme dans une interview à «L’Express» son acceptation de la monnaie unique mais rejette l’objectif de 3% de déficit et réclame «une troisième voie libérale et sociale, de la construction européenne».Favori des sondages pour la succession d’Alain Juppé en cas de victoire de la droite aux élections législatives, le président de l’Assemblée nationale sortante s’oppose à «une approche d’apothicaire sur les conditions d’entrée à l’euro».«Le maximum de pays doivent y participer», dit-il. «Il ne faut pas non plus gérer la monnaie unique avec comme seule préoccupation la lutte contre l’inflation». Il faut «mettre dans le traité que l’emploi est la priorité des priorités».Pour Philippe Séguin, «un objectif de 3% de déficit dans une période...