«L’Acte fondateur ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de l’Europe. Un chapitre sans précédent parce qu’il exprime une même vision de l’avenir», a-t-il déclaré devant les représentants des 16 pays membres de l’OTAN et le président russe Boris Eltsine.
Pour le chef de l’Etat français, qui a souligné être à l’initiative de cet accord, «à la logique de confrontation entre adversaires d’hier succède une ère de coopération entre partenaires égaux et respectés».
«L’accord de Paris ne déplace pas la ligne de fracture de Yalta. Il l’efface définitivement», a-t-il dit.
L’ambition commune, a-t-il ajouté, est de «garantir en Europe une paix fondée sur nos valeurs communes et sur la conscience d’un destin partagé».
Huit ans après la chute du Mur de Berlin, «nous tournerons la page d’un demi-siècle d’incompréhension, de confrontation, de division sur notre continent», a dit Jacques Chirac.
«Cet accord est possible parce que la Russie et l’OTAN ont entrepris de profondes transformations», a-t-il souligné.
«Grande réforme»
La Russie «a confirmé» (...) le choix de la démocratie et des réformes» sous la direction du président Eltsine et devient «pour l’Alliance atlantique un partenaire essentiel», a-t-il dit.
Quant à l’Alliance, elle «a engagé une grande réforme» en se dotant d’une «organisation plus légère et plus flexible adaptée à ses nouvelles missions». Cette Alliance n’est «plus celle de la guerre froide» et «les Européens devront pouvoir y exercer pleinement leurs responsabilités».
«La concertation permanente, la transparence et la coopération à tous les niveaux entre les Alliés et la Russie (...) doivent donner une nouvelle impulsion aux négociations de désarmement», a ajouté Jacques Chirac.
Il a souligné que deux priorités devaient mobiliser l’OTAN et l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), l’adaptation du Traité FCE et l’élaboration d’une charte sur la sécurité européenne.
Il a renouvelé sa proposition de convier au sommet de l’Alliance, les 8 et 9 juillet à Madrid, «l’ensemble des Etats européens qui auront un lien avec l’Alliance, à commencer bien sûr par la Russie», dont il avait souhaité la veille qu’elle y soit représentée «au plus haut niveau».
«Au-delà de notre continent, notre partenariat sera, j’en suis convaincu, un élément essentiel de la stabilité et de l’harmonie du monde multipolaire qui s’ébauche», a-t-il ajouté.

