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Actualités - Chronologie

Football Ligue des champions Entre vieilles connaissances

DORTMUND (Allemagne), 26 Mai (AFP). — Pour la Juventus, les amis d’hier sont les adversaires de demain: les Kohler, Moeller et autres Sousa, qui brandirent jadis les trophées européens sous le maillot noir et blanc, arboreront mercredi en finale de la Ligue des champions celui, or et noir, du Borussia Dortmund.
Ils ne sont pas moins de cinq dans l’effectif du Borussia à avoir défendu les couleurs de la «vieille dame» italienne: les Allemands Juergen Kohler, Andreas Moeller et Stefan Reuter, le Brésilien Julio Cesar et le Portugais Paulo Sousa. Voilà un an, ce dernier hissait au ciel la coupe que la Juventus avait alors prise à l’Ajax Amsterdam et qu’elle remet en jeu mercredi.
Raccourci aussi saisissant: en 1993, les «Turinois» kohler, Moeller et Cesar portaient la Coupe de l’UEFA à bout de bras après avoir battu Dortmund en finale 3-1 et 3-0. C’était l’époque où la fine fleur du football allemand monnayait ses services dans la Péninsule. Elle est aujourd’hui révolue: de plus en plus riche, la Bundesliga offre désormais des charmes qu’elle n’avait pas alors. Et d’autres anciens «Italiens», Matthias Sammer (Inter Milan) et Karlheinz Riedle (Lazio Rome), ont succombé aux appels de Dortmund en 1992 et 1993.
Seuls deux hommes, selon toute vraisemblance, se trouveront sur le terrain au coup d’envoi mercredi dans la même tenue que pour la finale de 1993: les gardiens Angelo Peruzzi et Stefan Klos. Pour les deux formations, cette rencontre a en effet constitué un tournant qui les a ramenées sur la route des sommets.
Sur le Borussia en particulier, l’épreuve a déversé une manne de 25 millions de DM (14 millions USD), lui donnant les moyens financiers de son orgueil. En ralliant Dortmund, Reuter en 1992, Moeller et Cesar en 1994, Kohler en 1995, Sousa en 1996 ont fait de Turin le centre de recrutement privilégié de Dortmund.
Cependant, «nous sommes tous restés bons amis», assure Peruzzi. Depuis son arrivée à Turin en 1991, il les a tous vus passer, de Cesar, «un mythe ici», à Sousa «le plus Italien de tous», en passant par Moeller, qui a «peut-être d’abord pensé à soigner son image». «On s’appelle encore de temps en temps, on passe en revue les bons moments», rapporte-t-il.
Sousa a conservé son amitié au chanteur Eros Ramazzotti, un inconditionnel de la «Juve» pourtant. Kohler a fait de même avec le joueur Antonio Conte. Comme ses coéquipiers unanimes, il dit combien il a appris en Italie. Ses émoluments italiens lui ont donné «la sécurité financière», mais surtout, relève-t-il, «j’ai pris de la valeur en tant que footballeur» en quatre années passées à Turin. Il tâchera mercredi d’en fournir la preuve à ses ex-bienfaiteurs.

Dortmund agité par des spéculations tous azimuts

Pour la première fois depuis longtemps, Dortmund, qui a rallié Munich lundi, devrait disposer de toutes ses forces mercredi en finale de la Ligue des champions, mais des spéculations en tous genres perturbaient la préparation du Borussia pour le match le plus important de son histoire.
Au cœur de ces conjectures, l’avenir de Matthias Sammer, celui de l’entraîneur Ottmar Hitzfeld et les recettes du club la saison prochaine.
Fin de carrière ou pas? Matthias Sammer, qui n’a guère disputé que la moitié des matches cette saison, a une nouvelle fois alimenté la rumeur au cours du week-end: «Il y a un problème énorme, c’est mon état de santé», a lâché le «ballon d’or» 1996 en annonçant une discussion avec le président Gerd Niebaum, «mais seulement après le 28 mai», jour de la finale.
Niebaum a tenté de calmer les esprits échauffés par le cas Sammer, mais aussi Hitzfeld. Le travail de celui-ci a pour la première fois été pris pour cible par Niebaum lui-même voilà deux semaines. «Le poste de l’entraîneur n’est pas en cause et ne le sera pas, quant à Sammer, nous avons besoin de lui non seulement pour cette finale, mais aussi au-delà», a assuré Niebaum.
Par ailleurs, Dortmund, troisième seulement du championnat, a soudain pris conscience des conséquences financières de sa non-qualification pour la prochaine Ligue des champions. L’entraîneur s’inquiète de voir se tarir la source des deux dernières années et de ne pouvoir rajeunir son équipe. Seule chance: une victoire mercredi pour la 100e européenne du Borussia.
Exceptionnellement, Hitzfeld pourra miser sur ses meilleurs hommes, à l’exception de Julio Cesar, Steffen Freund et René Schneider, qui achèvent leur convalescence. L’inflammation à la cheville de Juergen Kohler, les douleurs au tendon d’Achille de Heiko Herrlich ne devraient plus être que de mauvais souvenirs. Quant à Andreas Moeller (hématome au mollet) et Karlheinz Riedle (plaie au tibia), qui n’étaient pas de l’échec en championnat contre Hambourg (1-2), et Paul Lambert, entré en cours de jeu, ils ont repris l’entraînement dimanche. «Nous sommes parés pour le match de l’année», croit pouvoir dire Hitzfeld.

La prudence de
la Juventus

La Juventus a quitté lundi après-midi Turin par avion spécial à destination de Munich, où elle rencontrera le Borussia Dortmund mercredi soir en finale de la Ligue des champions, dont elle est la détentrice.
Avant son départ à bord d’un Fokker 70, l’équipe turinoise avait effectué un dernier entraînement dans la matinée. Marcello Lippi était soulagé par le match nul face à l’Atlanta à Bergame vendredi soir (1-1), qui a assuré mathématiquement sa formation de son 24e titre national. Tout l’effectif a effectué le déplacement, y compris les blessés Antonio Conte, Moreno Torricelli et Michele Padovano.
Le technicien turinois reste très prudent sur l’issue de cette rencontre et ne veut pas verser dans un optimisme excessif: «Nous ne voulons pas nous unir à tous ceux qui nous voient déjà victorieux devant Dortmund. La formation allemande possède des joueurs de grande qualité et certains d’entre eux qui ont joué avec la Juve auront certainement un fort désir de revanche», a déclaré Lippi.
Face au Borussia et à toutes ses vedettes ex-turinoises, Lippi devrait faire confiance au coup d’envoi à la même formation qu’à Bergame, mais il n’a pas encore pris de décision en ce qui concerne le nom du second attaquant de pointe aux côtés de Christian Vieri, l’homme en forme du moment.
Alessandro Del Piero, encore convalescent, n’a pas retrouvé son meilleur niveau. Le Croate Alen Boksic est physiquement au point mais semble avoir perdu son punch du début de saison.
Lippi hésite donc à trancher, d’autant plus qu’il ne paraît pas avoir l’intention d’aligner une attaque à trois, dispositif qui pourrait créer un certain déséquilibre dans le jeu collectif de son équipe face aux rapides attaquants allemands.
DORTMUND (Allemagne), 26 Mai (AFP). — Pour la Juventus, les amis d’hier sont les adversaires de demain: les Kohler, Moeller et autres Sousa, qui brandirent jadis les trophées européens sous le maillot noir et blanc, arboreront mercredi en finale de la Ligue des champions celui, or et noir, du Borussia Dortmund.Ils ne sont pas moins de cinq dans l’effectif du Borussia à avoir défendu les couleurs de la «vieille dame» italienne: les Allemands Juergen Kohler, Andreas Moeller et Stefan Reuter, le Brésilien Julio Cesar et le Portugais Paulo Sousa. Voilà un an, ce dernier hissait au ciel la coupe que la Juventus avait alors prise à l’Ajax Amsterdam et qu’elle remet en jeu mercredi.Raccourci aussi saisissant: en 1993, les «Turinois» kohler, Moeller et Cesar portaient la Coupe de l’UEFA à bout de bras après avoir battu...