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Actualités - Chronologie

Les benjamins des familles : des rebelles créatifs

WASHINGTON — Irène MOSALLI

Darwin, Copernic, Benjamin Franklin, Bill Gates sont les derniers-nés de leurs familles respectives et ce sont des cerveaux. Quel rapport faut-il y voir? Que les benjamins sont quinze fois plus aptes à tenir tête à toute autorité et à explorer des horizons nouveaux. C’est ce qu’affirme un chercheur du «Massachusetts Institute of Technology», Frank Sulloway, dans un ouvrage qu’il a publié sous le titre «Born to rebel» (Né pour se révolter). Sa théorie est que le facteur qui forge la nature d’une personnalité est l’ordre de naissance. Beaucoup plus que le sexe, la race, la nationalité ou la classe sociale.
Il a basé cette conclusion sur l’étude de 6.566 personnages qui ont pris part à 121 événements (dont l’émergence de la théorie de Darwin, la révolution française, la réforme protestante) qui ont changé le cours des choses. Et, pour plus de précision, il a analysé 256 données (dont l’âge, la religion, la classe sociale, l’éducation, l’expérience des voyages) afin de mieux savoir quelle catégorie de personnes a tendance à défier les préceptes établis. Il a, par ailleurs, consulté 20.000 biographies et 2.000 essais.
Il a consacré, à ce travail de titan, 26 années. Selon lui, les enfants aînés sont portés à assimiler l’autorité et le pouvoir de leurs parents. Ils ont ainsi tendance à être ambitiaux et dominateurs. Dans cette catégorie, on retrouve par exemple Winston Churchill, Franklin Roosevelt, Joseph Staline, Hillary Clinton, O-J Simpson, Oprah Winfrey.
Les benjamins n’étant pas, comme les premiers enfants, un centre d’intérêt particulier, sont amenés à créer leur propre niche et trouvent ainsi l’occasion de remettre en question ce qui les entoure. Selon l’auteur, ils deviennent, plus tard, d’excellents stratèges.
Cependant, Frank Sulloway admet que ce cas de figure n’est pas immuable et qu’il peut ne pas se présenter lorsqu’il existe une relation tendue entre parents et enfants. Et d’expliquer ainsi deux personnalités qui échappent à son calcul de probabilité: Napoléon, un dernier-né, s’est transformé en dictateur parce que son aîné manquait de caractère. Certains enfants aînés, comme Albert Einstein, peuvent trouver leur environnement et spécialement leur milieu scolaire si plats et si ennuyeux qu’ils se rebellent sur le tard.
L’ouvrage «Born to rebel» a certes des détracteurs mais il est loin de laisser indifférent. Témoin la vente accélérée qui, depuis sa parution en juillet dernier, en est à sa quatrième édition. Parallèlement, l’auteur qui avait exposé les résultats de ses recherches au Forum économique de Davos, y avait eu une très bonne audience. Il a été sollicité par plusieurs grands pontes des affaires qui ont envisagé de mener avec lui des recherches supplémentaires dans le but de trouver une application pratique à sa théorie. Notamment dans le choix des PDG et autres postes de responsabilité. Ainsi l’ordre de naissance deviendrait un élément important à ajouter au CV. Au même titre que le background et l’expérience professionnelle.
Qui penserait, après cela, investir dans le droit d’aînesse? Même un plat de lentilles...
WASHINGTON — Irène MOSALLIDarwin, Copernic, Benjamin Franklin, Bill Gates sont les derniers-nés de leurs familles respectives et ce sont des cerveaux. Quel rapport faut-il y voir? Que les benjamins sont quinze fois plus aptes à tenir tête à toute autorité et à explorer des horizons nouveaux. C’est ce qu’affirme un chercheur du «Massachusetts Institute of Technology», Frank Sulloway, dans un ouvrage qu’il a publié sous le titre «Born to rebel» (Né pour se révolter). Sa théorie est que le facteur qui forge la nature d’une personnalité est l’ordre de naissance. Beaucoup plus que le sexe, la race, la nationalité ou la classe sociale.Il a basé cette conclusion sur l’étude de 6.566 personnages qui ont pris part à 121 événements (dont l’émergence de la théorie de Darwin, la révolution française, la...