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Actualités - Chronologie

La politique chinoise de Clinton n'a pas convaincu le congrès

WASHINGTON, 22 Mai (AFP). — La politique de Bill Clinton de coopération avec la Chine est de plus en plus contestée au Congrès, où sa décision de renouveler, pour un an, les avantages commerciaux de Pékin rencontre une opposition farouche qui risque encore de s’accroître en fonction du sort de Hong Kong.
M. Clinton a annoncé cette semaine qu’il informerait officiellement le Congrès d’ici au 3 juin, comme la loi l’y oblige, de sa décision de proroger pour un an la clause de la nation la plus favorisée (MFN), qui permet aux produits chinois d’entrer sur le marché américain avec les mêmes droits de douane que ceux de la plupart des autres pays.
Mais une coalition hétéroclite regroupant à la fois l’aile progressiste du Parti démocrate — proche des syndicats et des mouvements de défense des droits de l’homme — et l’aile ultra-conservatrice du Parti républicain — sous l’égide de la droite religieuse, qui veut punir la Chine pour sa répression des Eglises — est mobilisée depuis longtemps pour bloquer le maintien de la MFN.
Pour cela, il faudrait non seulement que les deux Chambres votent une loi à la majorité simple, mais surtout qu’elles rassemblent une majorité des deux tiers pour passer outre un veto présidentiel qui ne fait aucun doute.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Shen Guofang, a averti le Congrès qu’il n’avait pas «à s’ingérer dans cette affaire, et encore moins à supprimer cette clause».

L’échéance du 1er juillet

Mais l’issue du débat au Capitole dépend en fait en grande partie de l’attitude de la Chine durant les prochains mois, surtout en ce qui concerne le retour de Hong Kong sous souveraineté chinoise, le 1er juillet.
«Il y a beaucoup de questions très sérieuses pour lesquelles nous devons obtenir des réponses» avant de prendre une décision sur la MFN, a affirmé le leader de la majorité républicaine au Sénat, Trent Lott, après une entrevue à la Maison-Blanche avec M. Clinton.
«Que va faire la Chine en matière de droits de l’homme et de persécution religieuse (…) et que vont-ils faire à Hong Kong?», a-t-il demandé, rappelant que le Congrès avait jusqu’au 3 septembre pour agir, soit plus de deux mois après la rétrocession de Hong Kong.
A priori, il semble peu probable que les adversaires de Pékin puissent prévaloir sur un veto de M. Clinton, d’autant que M. Clinton a reçu le soutien du «speaker» (président) républicain de la Chambre des représentants, Newt Gingrich.
M. Gingrich s’était, dans un premier temps, déclaré en faveur d’un renouvellement de la MFN pour une période de trois ou six mois, afin de lier directement ces avantages commerciaux au sort de Hong Kong.
Mais il a récemment fait machine arrière et annoncé qu’il voterait pour maintenir la MFN pour une année, tout en critiquant sévèrement la politique chinoise de M. Clinton, caractérisée, a-t-il dit, par «une dévotion résolue à la seule croissance économique, sans tenir compte de toute autre considération sociale, religieuse, politique ou militaire».
M. Gingrich, qui participait lui aussi à la rencontre avec M. Clinton, a dit avoir discuté avec le président «des mesures qui pourraient être prises pour accroître nos efforts sur les droits de l’homme et la liberté religieuse en Chine dans le contexte de la MFN».
Il a notamment mentionné un accroissement des émissions de Radio Free Asia en Chine.
Comme M. Clinton l’avait lui-même admis, le renouvellement de la MFN est de plus en plus «controversé» depuis le massacre des manifestants pro-démocratie de la place Tiananmen par l’armée chinoise, en juin 1989, à tel point que le prédécesseur de M. Clinton, le républicain George Bush, avait dû avoir recours au veto pour empêcher le Congrès de révoquer la MFN en 1992.
M. Clinton voudrait éviter d’avoir à faire de même, conscient qu’une telle bataille, même s’il en sortait vainqueur, pourrait avoir un impact sur les relations bilatérales, alors que le président chinois Jiang Zemin doit effectuer une visite officielle à Washington à l’automne.
Mais un nombre croissant d’élus, démocrates comme républicains, estime que sa politique de dialogue et de coopération avec Pékin est en fait une politique d’apaisement qui consiste à tolérer tous les excès de la Chine afin de ne pas compromettre les exportations américaines, sur le modèle de ce que font les pays européens.
WASHINGTON, 22 Mai (AFP). — La politique de Bill Clinton de coopération avec la Chine est de plus en plus contestée au Congrès, où sa décision de renouveler, pour un an, les avantages commerciaux de Pékin rencontre une opposition farouche qui risque encore de s’accroître en fonction du sort de Hong Kong.M. Clinton a annoncé cette semaine qu’il informerait officiellement le Congrès d’ici au 3 juin, comme la loi l’y oblige, de sa décision de proroger pour un an la clause de la nation la plus favorisée (MFN), qui permet aux produits chinois d’entrer sur le marché américain avec les mêmes droits de douane que ceux de la plupart des autres pays.Mais une coalition hétéroclite regroupant à la fois l’aile progressiste du Parti démocrate — proche des syndicats et des mouvements de défense des droits de...