En Chine depuis 1980, Total y est le deuxième investisseur français après Citroën. Il possède une dizaine de joint-ventures dans le raffinage, la distribution de produits pétroliers et la chimie.
Le groupe pétrolier français, qui n’a plus d’activité dans l’exploration en Chine depuis 1988, est la seule société étrangère à avoir signé une joint-venture avec des partenaires chinois pour la construction et l’exploitation d’une raffinerie.
Le complexe de Dalian, en Mandchourie, qui vient d’être inauguré par le ministre français de l’industrie Franck Borotra, est un investissement de plus d’un milliard de dollars. Total détient 20% du capital de la société WEPEC (West Pacific Petrochemical Company) à côté de partenaires chinois: Sinochem 27,5%, Sinopec 22,9% et la municipalité de Dalian 15,5%.
Sa mise en exploitation, en dépit d’un arrêt du chantier pendant presque deux ans, constitue un succès pour Total, alors que des groupes comme Elf ou Shell ont abandonné leurs projets.
Dalian constitue pour le groupe français une tête de pont pour pénétrer l’aval pétrolier, notamment la distribution d’essence et de gazole, contrôlée actuellement par les sociétés d’Etat. Total a une présence symbolique dans la distribution des lubrifiants à Pékin, Dalian et à Shanghaï dans des stations services et des boutiques à ses couleurs. Il est prêt à augmenter ses investissements pour améliorer la compétitivité de la raffinerie, construire un port en eau profonde et l’intégrer vers la distribution.
Important producteur de pétrole brut au Proche-Orient, Total souhaite fournir, en accord avec le Chinois Sinotec, 5 à 10 millions de tonnes de brut par an qui seraient traités à Dalian. La Chine est importateur de brut depuis 1996 et ses besoins sont en croissance exponentielle.
«Notre stratégie en Asie, et notamment en Chine, a été de nous établir sur ces marchés en forte croissance. Le groupe est un gros producteur de brut et de gaz dans la région, mais nous étions absents dans l’aval pétrolier alors que d’autres compagnies comme Shell, Mobil ou Exxon étaient déjà bien implantées. Nous sommes en phase d’investissements, 300 millions de dollars ont été investis ces cinq dernières années. Nous devons atteindre l’équilibre à l’horizon 2.000», dit Thierry Desmarest.
Total ne cache pas son intérêt pour la production d’électricité dans un pays où les besoins sont gigantesques. Une centrale électrique fonctionnant à partir de gaz naturel importé est en projet près de Shanghaï, mais l’appel d’offre n’a pas encore été lancé. Aux côtés de Total, il pourrait intéresser GdF (Gaz de France) pour la partie transport et Gec Alsthom pour les turbines.

