Pour les différents candidats, les ennemis de l’islam et des «valeurs morales» tentent de «métamorphoser la révolution islamique» grâce à ces outils de communication moderne.
Cependant, chaque candidat cherche à évoquer avec beaucoup de précaution ces sujets sensibles: «Nous devons immuniser la société par un effort culturel», a affirmé le candidat de la gauche radicale et des modérés, M. Mohammad Khatami.
M. Khatami, ancien ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, a néanmoins fait une timide ouverture, en affirmant que «nous ne pouvons pas être à l’abri de l’avancée technologique du satellite et d’Internet».
Plus réservés, les autres candidats s’accordent à dire que les paraboles et Internet «sont des outils au service de l’agression culturelle de l’Occident et notamment des Etats-Unis» contre l’Iran.
«Nous devons préserver notre jeunesse, notre société et notre culture de toute pollution culturelle», a souligné Ali Akbar Nategh-Nouri, président du Parlement et candidat conservateur, principal rival de M. Khatami.
Les autorités iraniennes ont interdit en avril 1995 les antennes paraboliques après un vif débat entre les différentes factions du régime. Ce qui n’a pas empêché des milliers de particuliers à continuer à capter des chaînes étrangères.
Les jeunes, une
préoccupation
Internet, auquel l’accès est limité en dépit d’une forte demande, est un autre signe de cette «invasion culturelle» décriée par le régime.
Les candidats essaient toutefois de ne pas paraître totalement fermés, même si dans leurs débats ils affirment à l’unisson que le World Wide Web peut «porter préjudice à l’opinion et à la morale».
Le clergé chiite est en général farouchement hostile à Internet. «Certains responsables sont pris de vertige et ne savent pas qu’Internet est en train d’empoisonner la population», avait affirmé en décembre dernier l’ayatollah Ahmad Janati, figure de proue de la droite islamique conservatrice.
En outre, les problèmes de la jeunesse occupent une place de première importance dans le débat, et tous les candidats y voient «une source de préoccupation croissante».
L’emploi et le mariage sont deux thèmes de prédilection dans un pays où le chômage et les faibles salaires condamnent de nombreux jeunes au célibat.
Dans leur campagne électorale, les divers candidats n’ont pas tari de promesses à l’adresse des jeunes, l’Iran comptant plus de 30 millions de personnes de moins de 20 ans sur une population totale de 64 millions d’habitants.
Ils ont ainsi promis des facilités économiques aux futurs époux, tout en demandant aux familles d’alléger les contraintes financières des mariages.
«Avant toute chose, nous devons croire en nos jeunes», a lancé M. Khatami, devenu très populaire parmi les jeunes.
«Nous devons les respecter et mettre tout en place pour qu’ils lancent de petites entreprises et deviennent productifs», a affirmé pour sa part M. Nategh-Nouri.
Outre MM. Nategh-Nouri et Khatami, Mohammad Mohammadi Reyshahri, ancien ministre des Renseignements, et Reza Zavarei, président de l’Organisation du registre national et conseiller juridique, sont candidats à la magistrature suprême iranienne.

