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Actualités - Chronologie

Russie : l'éducation sexuelle recule devant l'église et les parents indignés

MOSCOU, 21 Mai (AFP). — Le ministère russe de l’Education a été obligé de revoir son programme scolaire d’éducation sexuelle sous la pression de l’Eglise orthodoxe qui l’a accusé de «détruire les bases morales de la société», et des parents d’élèves qui l’ont trouvé trop cru.
«Qu’est-ce qu’une zone érogène? Quelle est la partie du vagin la plus sensible à une stimulation?» demande aux adolescents de 12 à 14 ans un questionnaire intitulé «Qu’est-ce que tu sais sur le sexe» et diffusé récemment par le ministère dans plusieurs écoles moscovites, selon le quotidien Moskovski Komsomolets.
Mais le ministère a dû annuler la diffusion de ses programmes et recommander aux écoles d’attendre qu’un nouveau texte soit élaboré.
«L’Eglise et plusieurs médias russes ont lancé une campagne contre nous, ils accusent notre programme d’être trop osé et nous avons suspendu la parution du manuel» sur l’éducation sexuelle, a expliqué mardi Dmitri Chilov, responsable au ministère de l’Education.
«Le nouveau texte ne sera pas aussi franc et fera plus attention aux aspects moraux de l’éducation sexuelle», assure M. Chilov.
L’élaboration de la nouvelle éducation sexuelle post-soviétique a débuté en 1994 en Russie, où près de 60% des jeunes gens commencent leur vie sexuelle avant 17 ans, et où une jeune fille sur dix avorte.
Ce programme devait combler le vide créé après «la mort naturelle» de la fameuse discipline appelée «morale et psychologie de la vie en famille», apparue dans les écoles à la fin des années 1970 après de longues décennies de silence sur ce thème tabou.
Le cours, qui était enseigné sans enthousiasme par des professeurs de littérature, de langue étrangère ou même de gymnastique, était systématiquement séché par les écoliers soviétiques qui le trouvaient aseptisé.
«Nous ne voulions pas répéter l’échec des années 1970», explique aujourd’hui M. Chilov.
Or, si le programme soviétique était trop fade pour les adolescents, la nouvelle variante a été trouvée trop appétissante par leurs parents et «amorale» par l’Eglise orthodoxe.
«Les sexologues veulent dépraver nos enfants», ont estimé les popes réunis mardi autour d’une table ronde avec les auteurs du programme.
«La Russie est un pays spécifique: l’éducation sexuelle doit faire partie de tout un complexe d’éducation morale et c’est à l’Eglise de l’enseigner», estime Nikolai Lyzlov, enseignant de l’orthodoxie dans une école privée de Moscou.

Jeux de rôles

«Les textes proposés par le ministère enlèvent toute notion de mystère. Au lieu de parler de la pudeur ils parlent des zones érogènes», ajoute-il.
«Toute mention du mot «sexe» est déjà une dépravation morale», renchérit le père Alexandre du centre médical «Vie».
Quant aux parents, ils ont inondé de lettres de protestation la rédaction de l’hebdomadaire moscovite «Tverskaïa, 13» après la publication d’un article racontant un séminaire sur l’éducation sexuelle animé par une sexologue américaine à l’école No 986 de Moscou, et appelé «Adolescents enseignant aux adolescents».
Dans ce séminaire, les adolescents apprenaient à utiliser les préservatifs au cours... de jeux de rôles, affirment les parents, dont l’indignation reflète peut-être autant les fantasmes que la réalité.
«Nos enfants ont appris plus de choses raffinées dans le domaine de sexologie, sexopathologie et celui des perversités sexuelles, qu’ils n’en auraient jamais appris dans la rue», accuse Iverskaïa 13.
Les ecclésiastiques eux sont allés encore plus loin: «Les Américains, assure le père Alexandre, ont un intérêt stratégique à aggraver la situation démographique en Russie pour avoir à leur entière disposition l’espace économique»...
MOSCOU, 21 Mai (AFP). — Le ministère russe de l’Education a été obligé de revoir son programme scolaire d’éducation sexuelle sous la pression de l’Eglise orthodoxe qui l’a accusé de «détruire les bases morales de la société», et des parents d’élèves qui l’ont trouvé trop cru.«Qu’est-ce qu’une zone érogène? Quelle est la partie du vagin la plus sensible à une stimulation?» demande aux adolescents de 12 à 14 ans un questionnaire intitulé «Qu’est-ce que tu sais sur le sexe» et diffusé récemment par le ministère dans plusieurs écoles moscovites, selon le quotidien Moskovski Komsomolets.Mais le ministère a dû annuler la diffusion de ses programmes et recommander aux écoles d’attendre qu’un nouveau texte soit élaboré.«L’Eglise et plusieurs médias russes ont lancé une campagne contre...