Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Asie, nouvelle frontière de la guerre Boeing-Airbus

PARIS, 15 Mai (AFP). — Les frontières de la dure guerre commerciale entre l’américain Boeing et l’européen Airbus se sont déplacées en Chine et en Asie, le continent où le transport aérien est promis au plus fort développement au cours des 20 ans à venir.
Airbus a du retard à rattraper face à Boeing, qui est implanté depuis bien plus longtemps que lui avec quelque 250 appareils vendus, contre moins de 70 pour Airbus.
En Asie en général, la guerre commerciale est sans pitié et tous les coups sont permis entre les deux avionneurs pour des contrats jugés stratégiques, depuis que McDonnell Douglas, le troisième avionneur mondial, a semblé jeter l’éponge en acceptant de fusionner avec Boeing.

Croissance
aérienne
la plus forte

Sur les 20 ans à venir, la croissance du trafic aérien va être la plus forte en Asie, et surtout en Chine. Airbus Industrie prévoit que la flotte des compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique va plus que doubler en vingt ans, passant de 1.800 à 4.100 appareils.
La croissance du trafic aérien dans cette région du monde (hors Chine) est estimée à 5,8% d’ici 2016, et à 8,5% pour la seule Chine, alors que la moyenne mondiale est de 5,2% de hausse.
Avec seulement 386 avions occidentaux en service actuellement dans 17 compagnies aériennes, la Chine est promise à un développement fulgurant: d’ici 20 ans, ce pays à lui tout seul représentera 10% des sièges d’avions en service dans le monde contre 5% actuellement, selon les prévisions d’Airbus.
Depuis l’an dernier, Boeing souffre des tensions politiques entre la Chine et les Etats-Unis malgré un lobbying actif en faveur du renouvellement de la clause de la Nation la plus favorisée à la Chine par Washington. L’Europe en a profité pour prendre l’avantage avec un premier contrat de 30 Airbus de la gamme A320 signé l’an dernier lors de la visite du premier ministre chinois Li Peng à Paris.
Autre axe de la stratégie d’Airbus en Asie, son projet de super-jumbo, connu sous le nom de code A3xx, qui pourra transporter plus de 500 personnes. Particulièrement adapté aux transports de masse et à l’Asie, Airbus compte lancer le programme d’ici la fin de l’an prochain pour une mise en service en 2003.

Boeing renonce
à agrandir
le 747

Sur ce sujet aussi, la balle est dans le camp des Européens, pour l’instant tout au moins, Boeing ayant dû renoncer à son projet concurrent d’agrandir son vieux B747. Les compagnies intéressées ont, en effet, semblé préférer le lancement d’un tout nouvel appareil plutôt qu’un dérivé d’un avion vieux de 30 ans.
Airbus Industrie prévoit que les compagnies chinoises représenteront 54% de la demande pour ce type d’appareil, évaluée à 1.400 avions. Mais il reste à trouver les partenaires financiers pour ce projet dont le développement est estimé entre 8 et 12 milliards de dollars, une somme que les 4 industriels d’Airbus (le français Aérospatiale, l’allemand DASA, le britannique British Aerospace et l’Espagnol CASA) sont loin de pouvoir assumer seuls.
Outre des clients, c’est donc surtout des investisseurs qu’Airbus cherche en Asie pour l’instant, afin d’être en mesure de lancer son avion à temps. A partir de 2003, les compagnies qui ont acheté les premières versions des B747 commenceront, en effet, à renouveler leurs appareils, et pourraient avoir une alternative européenne au B747, qui règne depuis 30 ans en maître incontesté de très gros porteurs.

Un conflit qui
menace de
rebondir

La compétition euro-américaine a repris justement un tour aigu ces dernières semaines et le conflit récurrent menace de rebondir autour du projet de fusion Boeing-McDonnell Douglas et du dossier des aides publiques.
Le commissaire européen à la concurrence Karel van Miert a estimé «inacceptable» lundi la constitution du mastodonte américain écrasant le marché mondial des avions civils. Il s’est attiré en retour la réplique cinglante de Boeing menaçant l’Europe d’une guerre commerciale si la Commission européenne s’opposait à la fusion.
PARIS, 15 Mai (AFP). — Les frontières de la dure guerre commerciale entre l’américain Boeing et l’européen Airbus se sont déplacées en Chine et en Asie, le continent où le transport aérien est promis au plus fort développement au cours des 20 ans à venir.Airbus a du retard à rattraper face à Boeing, qui est implanté depuis bien plus longtemps que lui avec quelque 250 appareils vendus, contre moins de 70 pour Airbus.En Asie en général, la guerre commerciale est sans pitié et tous les coups sont permis entre les deux avionneurs pour des contrats jugés stratégiques, depuis que McDonnell Douglas, le troisième avionneur mondial, a semblé jeter l’éponge en acceptant de fusionner avec Boeing.Croissance aériennela plus forteSur les 20 ans à venir, la croissance du trafic aérien va être la plus forte en Asie, et...