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Actualités - Chronologie

L'Europe sujet de division dans tous les camps aux législatives françaises

PARIS, 13 Mai (Reuter). — Du «oui à tout prix» RPR-UDF au «oui si» socialiste, au «non mais» communiste et au «non total» Front national, l’Europe forme une ligne de fracture capable d’ébranler le socle électoral français lors des législatives.
A droite, Jacques Chirac l’a sacrée cause majeure de la dissolution lorsqu’il a invoqué dans sa déclaration du 21 avril la nécessité d’aborder avec un soutien populaire renforcé les échéances européennes de 1998.
Dans la foulée, le RPR et l’UDF se sont engagés par leur programme à «réussir le passage à l’euro au 1er janvier 1999» dans le respect des critères de Maastricht «pour stimuler la croissance et l’emploi».
Ils ont également promis d’«élargir l’Europe, après la réforme des institutions, aux pays d’Europe centrale et orientale qui sont prêts à rejoindre» l’Union.
«La France est d’autant plus puissante que l’Europe est forte. Elle doit donc en être le moteur», affirme le programme. «L’Europe, c’est la paix et la prospérité pour les Français, c’est l’indépendance de la première puissance commerciale du monde, bientôt dotée de sa propre monnaie».

Conditions

Parallèlement, les socialistes, qui furent sous l’impulsion de François Mitterrand les plus ardents défenseurs du traité de Maastricht, ont redéfini leur position. L’euro doit se faire, annonce leur programme, mais à plusieurs conditions:
Les critères de Maastricht doivent être appréciés «en tendance» afin que l’Europe du sud ne soit pas exclue, la monnaie unique ne doit pas être surévaluée pour ne pas handicaper la croissance, elle ne doit pas reposer sur un pacte d’austérité mais sur «un pacte de solidarité et de croissance», le pouvoir de la Banque centrale doit être contrebalancé par un gouvernement économique européen.
Quant à l’élargissement, il est «souhaitable» mais doit être «négocié» et «ne doit en aucun cas conduire au démantèlement des politiques communes».
L’infléchissement est net mais, au sein du Parti socialiste, les plus fervents partisans de l’Union européenne, comme Jacques Delors ou Elisabeth Guigou, lui ont donné leur aval.
La nouvelle doctrine a permis à Lionel Jospin de signer des accords avec le Parti communiste et le Mouvement des Citoyens adversaires résolus du traité de Maastricht.
Mais si le dirigeant communiste a renoncé à poser sur la table des négociations avec le PS son exigence d’un référendum sur la monnaie unique, il lui arrive de la réactiver lorsqu’il dénonce les tentations d’«hégémonisme» des socialistes.
L’incertitude subsiste donc quant à la cohésion d’une éventuelle majorité PS-PC sur l’Europe et tout aussi ambiguë est la position de la majorité sortante.

Division

Le zèle européen de Jacques Chirac ne peut que satisfaire l’UDF mais il a aussi remis en évidence la cohabitation au sein du RPR entre Alain Juppé et Edouard Balladur d’une part, Philippe Séguin et Charles Pasqua de l’autre.
S’il conclut tous ses discours par un appel à voter en faveur de la majorité sortante, le président de l’assemblée sortante ne manque jamais de tirer à boulets rouges sur l’Europe de Maastricht.
A Mantes-la-Jolie, le 29 avril, il a accusé l’Europe d’avoir «trop souvent joué les bons élèves de l’ultralibéralisme». Le traité de Maastricht est «intrinsèquement asocial, pour ne pas dire anti-social» parce qu’il «ignore délibérement le chômage et fait de la monnaie unique non point un moyen mais une fin en soi», avait-il ajouté.

Plus à droite, Philippe du Villiers et Jean-Marie Le Pen font du refus de l’euro un de leurs chevaux de bataille et tentent ouvertement d’attirer les électeurs de droite qui ont fourni en 1992 le gros bataillon des 49% de non à Maastricht.

Lionel Jospin entend faire de son euroréalisme un atout de la campagne socialiste car il sait qu’un effritement du vote RPR sur le thème de la défense de la souveraineté nationale contre l’intégration européenne pourrait être décisif.

Jacques Chirac, qui avait veillé à sauver l’unité du RPR lors du référendum sur Maastricht, semble avoir compris le danger. L’Europe n’était plus qu’à l’arrière-plan de sa première intervention dans la campagne.
PARIS, 13 Mai (Reuter). — Du «oui à tout prix» RPR-UDF au «oui si» socialiste, au «non mais» communiste et au «non total» Front national, l’Europe forme une ligne de fracture capable d’ébranler le socle électoral français lors des législatives.A droite, Jacques Chirac l’a sacrée cause majeure de la dissolution lorsqu’il a invoqué dans sa déclaration du 21 avril la nécessité d’aborder avec un soutien populaire renforcé les échéances européennes de 1998.Dans la foulée, le RPR et l’UDF se sont engagés par leur programme à «réussir le passage à l’euro au 1er janvier 1999» dans le respect des critères de Maastricht «pour stimuler la croissance et l’emploi».Ils ont également promis d’«élargir l’Europe, après la réforme des institutions, aux pays d’Europe centrale et orientale qui...