Sur le plan légal, le ministère de l’Information a confié l’opération «accessoires» — par la note administrative No320 — au Secrétariat général de l’Assemblée des patriarches et des évêques catholiques. Par une annonce dans la presse, le Secrétariat a alors invité les commerçants intéressés à se réunir au Centre catholique d’information, à Antélias.
Là, le 5 avril, 8 offres sur 20 ont été retenues par vote. Trente pour cent des bénéfices iront au Secrétariat.
T. shirts, casquettes, drapeaux du Vatican, drapeaux du Liban (en étoffe, en nylon, en papier), auto-collants (stickers), porte-clés, photos tous formats, pins, ballons. Les entreprises désignées se partagent les articles et en fixent les prix (aucun produit ne devant dépasser les 10.000 LL).
Cependant, «rien n’a été respecté», relève un des adjudicataires. «Des dizaines de boutiques se sont mises à produire et à vendre des objets, à des prix très variés, souvent excessifs. Personne n’a pu les freiner, et elles n’ont pas eu à payer de taxes. D’autre part, les huit sociétés se sont gaillardement marché sur les pieds les unes les autres, vendant des articles qui ne leur étaient pas réservés, recopiant les dessins et les logos».
De plus, le gouvernement a lui-même distribué gratuitement des drapeaux et autres articles aux écoles et aux municipalités...
«Je devais offrir, le soir de la rencontre du pape avec les jeunes à Harissa, un grand feu d’artifice», indique un autre commerçant. «J’avais légalement obtenu l’autorisation, et les médias l’avaient annoncé...». Il ajoute que son idée a été exécutée en dernière minute par quelqu’un qui avait été «pistonné» par un ministre. Il précise à ce sujet qu’il trouve cela très «injuste», et croit pouvoir indiquer que son rival heureux a pu ainsi se faire 5.000$.
Les huit sociétés ont produit et imprimé quelque 40.000 T. shirts, 50.000 casquettes, 100.000 drapeaux (du Liban et du Vatican) en tissu, 200.000 drapeaux en nylon, 20.000 ballons, 75.000 auto-collants, 3.000 porte-clés en plastique, 2.500 autres en cuivre ou en argent et 20.000 photos de différents formats.
Les posters ont quant à eux été produits par le CCI.
«J’ai beaucoup vendu, et j’ai distribué le reste gratuitement, le jour de la messe», dit un propriétaire d’entreprise. «Il me reste 2.000 T. shirts, ainsi que beaucoup de ballons», ajoute un autre.
«J’essayerai de les écouler en été; je les proposerai aux touristes ou aux Libanais vivant à l’étranger». En voilà donc un qui ne perd pas le nord...
Selon un troisième, «l’opération n’est pas terminée. Des clients me commandent encore des casquettes, drapeaux ou T. shirts. Pour les garder en souvenir, ou les offrir à des parents ou amis vivant hors du pays».
Reste qu’un accessoire est un accessoire, et que l’essentiel était ailleurs...
N.S.


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