L’ex-président Valéry Giscard d’Estaing (UDF) a ainsi déclaré que les Français souhaitaient être «gouvernés autrement» et l’ancien premier ministre Edouard Balladur (RPR) qu’il fallait «tout faire» pour éviter une nouvelle cohabitation.
Le premier secrétaire du PS, Lionel Jospin, qui a manié l’ironie pour minimiser l’impact de la tribune du chef de l’Etat dans la presse régionale, s’apprête à lui répondre vendredi par le même canal, mais sans sélectionner les journaux.
Le premier ministre Alain Juppé en a profité pour le mettre au pied du mur en répondant aux questions que «tout le monde se pose au sujet des socialistes», notamment sur leurs divergences avec les communistes sur l’Europe.
«M. Jospin, les communistes ont dit qu’ils auront des ministres au gouvernement, comment éviterez-vous une crise sur l’Europe?», demande-t-il notamment dans un communiqué.
Dans son ensemble, la droite s’est réjouie de la prestation écrite de Jacques Chirac.
Mais Edouad Balladur, cité comme un successeur possible d’Alain Juppé, a déclaré jeudi qu’il fallait «tout faire pour éviter une nouvelle cohabitation» tout en se défendant de partager le pessimisme actuel de la droite.
«Dans la majorité, on a été trop optimiste. Je pense qu’aujourd’hui, on est trop pessimiste», a-t-il dit au «Parisien».
En outre, au moment où François Léotard, président de l’UDF, demandait aux trublions de la droite de «respecter» la «cohésion de l’équipe majoritaire», l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing a relancé les spéculations sur l’avenir d’Alain Juppé.
Ecouter les Français
Confiant avoir déconseillé à Jacques Chirac de dissoudre l’Assemblée nationale, il a invité le chef de l’Etat à tenir compte du souhait des Français d’être «gouvernés autrement» tout en conservant la majorité RPR-UDF.
«Lorsqu’il aura à nommer un premier ministre, il devra tenir compte de ce que les Français auront voulu dire (...). Il faut les écouter puisqu’on leur a donné la parole», a-t-il dit en distillant de nombreuses critiques sur l’action d’Alain Juppé.
Dans un entretien à «Valeurs actuelles», Bernard Debré, ancien ministre RPR, a été encore plus précis, déclarant qu’il aimerait bien pouvoir dire à ses électeurs que «le prochain premier ministre s’appellera Philippe Séguin ou Edouard Balladur».
Mercredi, Edouard Balladur avait refusé de «s’associer si peu que ce soit à ce qui est une sorte d’opération personnelle». Mais, selon «Le Monde», «des rumeurs sur le non-maintien d’Alain Juppé à Matignon recommencent à circuler».
Dans ce contexte, Alain Juppé concentre ses attaques sur le programme socialiste, dont il a affirmé mercredi qu’il a «explosé en vol».
Jeudi, Lionel Jospin, en campagne dans son fief de Cintegabelle, en Haute-Garonne, a répliqué que «le programme de la majorité n’a pas encore décollé, alors que le nôtre existe».
«C’est pour cela d’ailleurs que la droite lui tire dessus. Pour ne pas laisser trop longtemps Alain Juppé dans l’angoisse, j’ai l’intention de lui répondre ce soir au cours d’un meeting à Pamiers», a-t-il ajouté.

