Respectivement troisième et quatrième, Gilles Panizzi et François Delecour n’ont rien à se reprocher. Taquiner les Subaru Impreza et autres Ford Escort comme ils l’ont fait est tout à fait remarquable.
Peugeot, il faut le rappeler, ne participe pas au championnat du monde des constructeurs, réservé cette année aux imposantes quatre roues motrices baptisées «World Rally Cars» (WRC).
Le constructeur de Sochaux, déjà impliqué en F1 en partenariat avec Jordan, et bientôt avec Prost, ne peut s’aligner sur tous les fronts. L’objectif, en rallye, est le championnat de France, pour lequel compte le Tour de Corse.
Jean-Pierre Nicolas, le malicieux patron des rallyes chez Peugeot, réussit néanmoins à négocier quelques «extras», comme le rallye de Catalogne, le mois dernier, où Panizzi s’était déjà distingué avec une surprenante troisième place.
Coup sur coup, les 306 Maxi à deux roues motrices ont prouvé, sur le goudron catalan puis sur le bitume corse, qu’elles soutenaient la comparaison avec les WRC.
Dans l’Ile de beauté, elles ont même failli l’emporter. Panizzi était en tête à l’issue de la première journée, lundi, et Delecour partageait la première place avec Sainz mercredi matin.
Nicolas rêve d’une 4x4
Sans des problèmes d’embrayage dans les dernières spéciales, le Nordiste aurait pu faire mieux encore.
«Maintenant, tout est possible», prédisait mardi Jean-Pierre Nicolas, privé de l’épilogue du rallye puisqu’il a été hospitalisé mercredi à Marseille en raison d’une tendinite au genou. «On peut faire le doublé où on peut terminer troisième et quatrième».
Les prestations des «kit-cars» Peugeot agacent singulièrement les patrons des grosses écuries, à commencer par l’influent David Richards, qui préside aux destinées de Subaru.
Selon lui, elles prouvent que les règlements sont trop sévères pour les WRC, en particulier les brides d’admission, qui limitent la puissance des turbos.
Jean-Pierre Nicolas n’est pas d’accord: «Cela prouve au contraire que le règlement est bien fait puisque les petits peuvent battre les gros. C’est équitable».
Le succès de Peugeot s’explique par une structure efficace, une longue expérience du haut niveau et, surtout, une voiture bien née.
La 306 bénéficie en outre d’un avantage sur les WRC puisque le règlement lui permet d’être plus légère de quelque 250 kg, ce qui compense son relatif handicap de puissance.
Elle ne peut faire jeu égal avec les grandes que sur l’asphalte puisque, sur les autres terrains, son déficit de motricité la pénalise trop.
«On pourrait en faire une quatre roues motrices», rêve Jean-Pierre Nicolas, qui sait bien que ce n’est pas d’actualité. «Avec un petit truc en plus derrière, elle serait formidable partout».

