l FISCALITE ET DEPENSES PUBLIQUES
— Les conservateurs se sont engagés à maintenir un contrôle strict des dépenses et ont annoncé leur intention de ramener l’impôt de base sur le revenu à 20%.
Ils ont promis de poursuivre une politique de régulation de l’inflation et l’octroi d’avantages fiscaux pour les familles dont un des membres se consacre à plein temps aux enfants ou à l’assistance à un parent.
— Le Labour s’engage à ne pas augmenter les taux d’imposition minimum et maximum. Il s’est fixé pour «objectif» d’abaisser le taux de base à 10%. Il se propose aussi de fixer des objectifs «stricts» de contrôle de l’inflation et promet de respecter les limites des dépenses publiques annoncées par l’actuel gouvernement conservateur.
— Les libéraux-démocrates se sont engagés à augmenter le taux d’imposition minimum d’un penny (0,10 FF) pour financer des améliorations de l’enseignement. Ils prévoient également de porter le taux d’imposition maximum à 50% pour les salaires supérieurs à 100.000 livres, afin de financer des réductions d’impôt pour les bas salaires.
l EDUCATION
— Le premier ministre John Major s’est engagé à accroître l’indépendance des établissements scolaires et à créer une «grammar school» — l’équivalent d’un lycée classique — dans chaque ville. Il a également promis un contrôle plus rigoureux de la qualité des enseignants et de l’enseignement.
— L’éducation est la «priorité numéro un» de chef du Labour Tony Blair. Les travaillistes se proposent d’améliorer l’enseignement en maternelle, de réduire les effectifs des classes dans le primaire, de fixer des normes qualitatives et quantitatives pour les devoirs à la maison et d’améliorer la formation des maîtres, tout en fermant les écoles qui ont enregistré des échecs scolaires multiples.
— Les deux milliards de livres supplémentaires que Paddy Ashdown envisage de lever par l’impôt iront au financement de classes supplémentaires de maternelle, des équipements et des livres scolaires, à la réduction des effectifs par classe dans le primaire et au rattrapage de l’entretien des infrastructures scolaires.
l EMPLOI
— John Major affirme que la clause d’exemption obtenue par Londres pour ne pas adopter la charte sociale de l’UE permettra de sauvegarder des emplois. Il entend également poursuivre le programme en cours forçant les chômeurs de longue durée à accepter à l’essai un travail.
— Tony Blair s’est engagé à supprimer l’indemnité chômage de 250.000 jeunes chômeurs par la création d’un nouveau programme de création d’emplois financé par les recettes des privatisations des entreprises de services — c’est le seul engagement de dépenses figurant au programme électoral du Labour, qui vise à brouiller l’ancienne image d’un parti qui «Tax and Spend» (augmente les impôts et dépense).
— Les libéraux-démocrates innovent en proposant aux chômeurs de longue durée de transformer leur indemnité chômage en «prime au travail», qui serait versée aux employeurs pour les embaucher et les former.
l SANTE
— John Major s’engage à accroître les ressources réelles mises à la disposition de la santé publique (National Health Service) et à obtenir des investissements du secteur privé.
— Le Labour s’est engagé à réduire les crédits accordés à l’administration du NHS et à les réorienter vers les soins proprement dits.
— Les libéraux proposent la gratuité des contrôles dentaires et ophtalmologiques, un accroissement des effectifs du NHS, financé en partie par une augmentation des taxes sur le tabac.
l PROTECTION SOCIALE
— Les conservateurs s’engagent à lutter contre l’escroquerie à la protection sociale et à réformer le système de retraite, tous les jeunes arrivant sur le marché du travail étant appelés à contribuer à un fonds de pension personnel. Ces changements visent à s’assurer que les personnes âgées pourront s’assurer contre des coûts médicaux à l’avenir.
— Le Labour s’est engagé à maintenir l’actuel système des retraites, tout en créant une deuxième pension pour les plus démunis. Il envisage la création d’une commission d’enquête chargée d’élaborer un système juste de financement à long terme des soins aux personnes âgées.
— Les libéraux disent leur volonté de rechercher un consensus entre tous les partis pour un réexamen approfondi de la protection sociale, destiné à assurer une protection plus efficace qui encourage la recherche d’un emploi et accroît les perspectives dans ce domaine.
l CONSTITUTION, POLITIQUE
— John Major, qui voit dans les projets de réformes du Labour un risque d’éclatement du Royaume-Uni, a promis une approche «évolutionniste plutôt que révolutionnaire» du domaine constitutionnel.
— Tony Blair, mettant à profit les affaires de corruption chez les Tories, veut une réforme de la vie publique, une réglementation du financement des partis, des donations, de la Chambre des Lords et veut, par référendums, instaurer des parlements propres à l’Ecosse et au Pays de Galles.
— Paddy Ashdown, le chef des libéraux-démocrates, soutient le programme de réformes politiques et constitutionnelles du chef du Labour mais, à l’inverse de lui, fait aussi campagne pour un référendum sur la réforme du mode de scrutin uninominal à un tour.
l EUROPE ET POLITIQUE ETRANGERE
— John Major, dans une des rares prises de position du programme électoral conservateur qui ne prête à aucune ambiguïté, s’engage à ne pas permettre que la Grande-Bretagne devienne membre d’une Europe fédérale, maintient le droit de veto de Londres au sein de l’UE et les contrôles aux frontières.
Il entend préserver jusqu’au bout la décision souveraine du Royaume-Uni d’adhérer ou non à la monnaie unique.
— Tony Blair, tout en promettant un référendum pour décider si les Britanniques veulent adhérer à la monnaie unique, promet de jouer un rôle pivot en Europe, de signer la charte sociale de l’UE et de contracter des alliances avec d’autres Etats pour l’élargissement de l’UE et la réforme de la politique agricole commune. Il veut aussi maintenir le droit de veto de Londres dans certains domaines, notamment le contrôle aux frontières.
— Paddy Ashdown juge qu’il est dans l’intérêt de Londres d’adhérer à la monnaie unique, à condition que le royaume et ses partenaires européens remplissent les critères de Maastricht et que l’adhésion soit approuvée par référendum. Mais il estime que la politique commune en matière de pêche devrait être abandonnée et la politique agricole commune profondément remaniée.

