— UE: Au sommet d’Amsterdam de juin consacré à la réforme des institutions de l’UE, conservateurs et travaillistes affirment ne pas avoir l’intention d’abandonner le droit de veto sur les grands dossiers comme la défense, le budget, la politique étrangère et l’immigration.
Les travaillistes se veulent «plus constructifs» et n’excluent pas des concessions dans des secteurs comme l’industrie, le social et l’environnement, ou des collaborations plus poussées comme dans la police.
Même consensus sur la monnaie unique avec poursuite de la politique du «wait and see» suivie d’une décision gouvernementale qui, si elle est positive, devra être ratifiée par le Parlement puis par un référendum. Beaucoup dépendra donc d’abord du poids des eurosceptiques dans le prochain Parlement.
Tories et Labour ont déjà quasiment exclu une entrée britannique dès la première vague de l’euro en 1999.
— ULSTER: Le processus de paix est au point mort. Depuis leur lancement il y a un an, les pourparlers de Stormont à Belfast n’ont débouché sur aucun progrès et le parti catholique du Sinn Fein en est toujours exclu parce que son aile militaire, l’IRA, a renoué avec la violence après 17 mois de cessez-le-feu.
Sur le fond, les partis sont incapables de s’entendre sur une des conditions clefs de la paix: le désarmement. Le dossier des futures institutions de l’Ulster n’a même pas été abordé.
Travaillistes et conservateurs ont jusqu’ici observé la même ligne et privilégient une approche commune avec Dublin.
Les catholiques espèrent qu’une arrivée au pouvoir du Labour faciliterait le dialogue avec Londres. Une large majorité permettrait au futur premier ministre de ne pas être l’otage des députés unionistes protestants, comme c’était le cas pour John Major.
Régulière occasion de violence en Irlande du Nord, la saison estivale des marches protestantes sera le premier test.
— ECONOMIE: Après des années de langueur, la reprise économique s’est accélérée, le rythme annuel de croissance atteint 3% et la consommation flambe, des signes qui font craindre des poussées de fièvre inflationnistes.
Les travaillistes ont promis de ne pas augmenter les taux d’imposition et les conservateurs ont offert un allégement fiscal aux couples mariés, ce qui retire en principe au futur gouvernement l’arme de l’impôt pour freiner la frénésie dépensière des consommateurs.
Reste comme solution un relèvement des taux d’intérêt, qui aurait cependant l’inconvénient de faire encore grimper la livre, dont la cherté a déjà pénalisé les exportations.
— VACHE FOLLE: Plus d’un an après l’imposition par Bruxelles de l’embargo sur le bœuf britannique, atteint de la maladie de la vache folle — soupçonnée d’être transmissible à l’homme —, Londres n’a toujours fait aucun progrès vers sa levée.
Continuant de mener sa politique d’abattage sélectif du bétail, la Grande-Bretagne espère arriver dans un premier temps à une levée progressive de l’embargo, à commencer par l’Irlande du Nord, où les cas de maladie sont rares. Pour l’instant, Bruxelles n’a donné aucun signe d’assouplissement.
— HONG KONG: Négociée par Margaret Thatcher, la restitution de Hong Kong à la Chine aura lieu le 1er juillet, quoi qu’il arrive, mais Londres entend garder un œil attentif sur le respect par Pékin des droits de l’homme.
Les dossiers de Gibraltar et des Falklands (Malouines) continuent à contrarier régulièrement les relations avec l’Espagne et l’Argentine.

