«Je me suis battue pour un débat sur Creys-Malville. J’ai gagné», a-t-elle dit en marge d’une conférence de presse sur sa candidature aux législatives dans la 7e circonscription de Paris. «J’ai réussi à mettre de la concertation et du débat dans un domaine où personne n’avait réussi à en mettre», a-t-elle ajouté.
Dimanche, lors de l’émission 7/7 sur TF1, le premier ministre a déclaré qu’en cas de victoire aux législatives, la majorité créerait un «comité éthique de l’environnement» auquel pourraient être soumis «un certain nombre de grands dossiers», comme celui du surgénérateur de Creys-Malville (Isère).
«Faut-il redémarrer, faut-il ne pas redémarrer? C’est une décision très difficile. Je pense qu’il faudrait la soumettre à un collège de personnalités indépendantes», a-t-il dit.
Le gouvernement semblait jusqu’à présent s’orienter vers un redémarrage de la centrale, selon le souhait du ministère de l’Industrie et contre celui de l’Environnement.
Après douze ans d’activité, émaillée de nombreux incidents, la question est redevenue d’actualité après l’annulation par le Conseil d’Etat, fin février, du décret de 1994 qui autorisait le redémarrage de l’installation. Le Conseil d’Etat faisait valoir que l’enquête publique qui avait précédé le redémarrage ne tenait pas compte de son changement de mission. Le réacteur à neutrons rapides doit en effet se transformer, à terme, en consommateur de plutonium au lieu d’en fabriquer.
Depuis, le ministère de l’Industrie n’a jamais mis en doute le principe d’un redémarrage de Superphénix et s’interrogeait simplement sur la procédure à suivre. Il envisageait notamment de se contenter d’un nouveau décret sans devoir passer par une nouvelle enquête publique, procédure beaucoup plus longue.
Arrêtée depuis Noël, Superphénix doit théoriquement redémarrer en juin au terme de travaux effectués dans le cadre de son changement d’affectation. Les écologistes réclament la fermeture de la centrale, qui a coûté plus de 50 milliards de francs depuis sa mise en service en 1985.

