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Actualités - Chronologie

Jospin en leader de l'opposition pour une nouvelle cohabitation

PARIS, 23 Avril (AFP). — Lionel Jospin, chef de file de l’opposition depuis la présidentielle de 1995, se comporte, depuis l’annonce d’élections anticipées par Jacques Chirac, comme premier ministrable en cas de victoire de la gauche.
En déclarant, après l’intervention télévisée du président de la République, que les socialistes «sont prêts à gouverner le pays», il s’est clairement situé dans la perspective d’une cohabitation.
Tant lors de l’émission 7/7 de dimanche que dans sa réponse au chef de l’Etat, l’ancien concurrent de Jacques Chirac à l’Elysée a dirigé toutes ses attaques contre le premier ministre Alain Juppé, en reconnaissant que le président de la République n’avait fait qu’user des prérogatives que lui donne la Constitution en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale.
Deux des principales personnalités du PS, Laurent Fabius et Daniel Vaillant, ont clairement appelé la cohabitation de leurs vœux. Les socialistes «sont prêts et tout à fait déterminés à cohabiter» avec le président Chirac, a assuré l’ancien premier ministre socialiste.
M. Fabius s’en est lui aussi pris à Alain Juppé en exprimant le doute que «son écoute (des Français) ait été telle qu’il faille lui donner un nouveau bail de cinq ans».
Quant à Daniel Vaillant, le numéro deux du parti, il a «souhaité la cohabitation», en soulignant que le président de la République «garde ses prérogatives», et que les socialistes ne «mettaient pas en cause sa légitimité».
Lionel Jospin a donné le ton de la campagne dans ses différentes interventions depuis dimanche, en dénonçant «un nouveau pas vers le capitalisme dur» que, selon lui, Alain Juppé entend mettre en œuvre si la droite gagnait.
Avant de s’engager personnellement dans la campagne, avec un premier meeting jeudi à Sarcelles dans la banlieue parisienne, il s’est déclaré prêt à un débat avec le premier ministre. Mais il a souligné qu’il ne devrait pas être «caricatural», et porter au contraire «sur le fond».
«Je n’aurais pas de mal devant Alain Juppé, si nous nous rencontrons pour débattre, et je le souhaite, (…) à montrer que nous sommes attachés à une conception de la modernité qui ne fait pas fi de l’identité de la France», a-t-il dit sur TF1.

Résultat à 50/50

L’Europe sera un autre thème de la campagne des socialiste. M. Jospin a dénoncé la dérive «vers un modèle anglo-saxon inégalitaire», et proposé une «Europe pour les citoyens», «sans renoncer à la France».
Les socialistes se gardent cependant de crier victoire. «Le résultat est très ouvert, c’est à 50/50», a estimé M. Fabius. En cas de succès, les dirigeants du PS envisagent de gouverner avec leurs partenaires de gauche, à commencer par les communistes, mais aussi avec le Parti radical socialiste et les écologistes.
La question sera à l’ordre du jour d’une rencontre que M. Jospin doit avoir avec le secrétaire national du PCF Robert Hue le 29 avril. Les listes devraient proposer aux communistes un «contrat d’orientation» sur lequel se ferait la campagne au second tour, le PCF parlant, lui, de «base d’engagements communs».
Pour Robert Hue non plus, la victoire n’est pas acquise. «Rien n’est joué, ni dans un sens, ni dans l’autre», a-t-il affirmé.
M. Hue ne cache pas que les communistes souhaitent participer au gouvernement en cas de victoire de la gauche. «Pour faire vraiment une politique de gauche, oui il faut des ministres communistes», réaffirme-t-il.
Toutefois, le dirigeant communiste a tenu à rappeler que «l’apport communiste sera décisif pour un vrai changement à gauche dans ce pays», car aucune des formations de gauche «ne peut prétendre seule avoir la majorité».
PARIS, 23 Avril (AFP). — Lionel Jospin, chef de file de l’opposition depuis la présidentielle de 1995, se comporte, depuis l’annonce d’élections anticipées par Jacques Chirac, comme premier ministrable en cas de victoire de la gauche.En déclarant, après l’intervention télévisée du président de la République, que les socialistes «sont prêts à gouverner le pays», il s’est clairement situé dans la perspective d’une cohabitation.Tant lors de l’émission 7/7 de dimanche que dans sa réponse au chef de l’Etat, l’ancien concurrent de Jacques Chirac à l’Elysée a dirigé toutes ses attaques contre le premier ministre Alain Juppé, en reconnaissant que le président de la République n’avait fait qu’user des prérogatives que lui donne la Constitution en décidant de dissoudre l’Assemblée...