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Actualités - Chronologie

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LONDRES, 22 Avril (AFP). — John Major contre Tony Blair: aux yeux des Britanniques, la bataille pour les élections législatives du 1er mai se résume pour l’essentiel à ce duel, comme un scrutin présidentiel américain ou français.
Posters, apparitions à la télévision, discours, meetings... invectives comme louanges sont adressées au premier ministre conservateur ou à son rival travailliste, dont le parti est grand favori.
Pourtant, cette personnalisation à outrance est à l’opposé de la tradition du berceau des démocraties parlementaires, où c’est un parti qui gouverne, pas un homme.
Le seul chef d’Etat est la reine Elizabeth II et le premier ministre n’est que le leader du parti emportant la majorité des sièges aux Communes. Ce qui ne prouve d’ailleurs pas qu’il restera au pouvoir durant toute la législature, comme Margaret Thatcher l’a amèrement vérifié, lorsque les barons conservateurs l’ont mise dehors en 1990.
Chaque année, le premier ministre affronte le congrès de son parti où une motion de ses adversaires peut le faire tomber, si elle est votée, portant quelqu’un d’autre à Downing Street. C’est le complot qu’a failli réussir l’eurosceptique John Redwood en 1995.
Pourtant, sur le manifeste électoral de chaque parti, seules figurent les photos des deux leaders. Même position sur la monnaie unique, même consensus sur l’Ulster, même arsenal anti-crime, même vertu budgétaire: à défaut des idées, les différences s’expriment dans les hommes.
Aux élections de 1992, avant le nouveau Labour réinventé par Tony Blair les enjeux semblaient bien différents: socialisme contre ultra-libéralisme thatchérien.
Micro à la boutonnière, toutes dents dehors face aux caméras, Tony Blair mène sa campagne à l’américaine et joue à fond la personnalisation. Depuis près de trois ans, il règne d’une main de fer sur son parti qu’il incarne.
Pour la publication du programme travailliste, il a fait diffuser à la presse des photocopies des 10 principaux points du manifeste, écrits de sa propre main.

Face à face

Face à un John Major accusé d’être terne, surnommé «l’homme gris», il parie sur son physique de jeune premier et son charisme dans les meetings.
Paradoxalement, c’est la faiblesse de John Major au sein de son parti qui le maintient au premier rang. Entre eurosceptiques et europhiles, le premier ministre fait le grand écart et, faute de clan gagnant pour l’instant, il incarne tant bien que mal la synthèse.
Pour calmer le déluge de professions de foi anti-euro chez les candidats tories, c’est lui qui les a appelés à la raison devant les caméras la semaine dernière, projetant son image «d’homme honnête». «S’il pouvait passer dix minutes dans chaque cuisine, nous gagnerions les élections», assurait un responsable de sa campagne.
Il est d’autant plus seul que, sans le dire, les grands ténors conservateurs se positionnent déjà pour l’après-Major, un échec — quasi certain — aux élections devant précipiter sa chute. Attentifs à ne pas se découvrir trop tôt, ils rongent leur frein dans les coulisses.
Résultat, Tony Blair et John Major sont face à face.
Les conservateurs, qui mènent une campagne très négative, ont multiplié les attaques personnelles. Quand il veulent diaboliser le Labour, leurs affiches dépeignent un Tony Blair aux yeux sataniques rouges. Pour accuser les travaillistes de faiblesse sur le dossier européen, ils caricaturent un minuscule Tony Blair sur les genoux d’un géant Helmut Kohl.
LONDRES, 22 Avril (AFP). — John Major contre Tony Blair: aux yeux des Britanniques, la bataille pour les élections législatives du 1er mai se résume pour l’essentiel à ce duel, comme un scrutin présidentiel américain ou français.Posters, apparitions à la télévision, discours, meetings... invectives comme louanges sont adressées au premier ministre conservateur ou à son rival travailliste, dont le parti est grand favori.Pourtant, cette personnalisation à outrance est à l’opposé de la tradition du berceau des démocraties parlementaires, où c’est un parti qui gouverne, pas un homme.Le seul chef d’Etat est la reine Elizabeth II et le premier ministre n’est que le leader du parti emportant la majorité des sièges aux Communes. Ce qui ne prouve d’ailleurs pas qu’il restera au pouvoir durant toute la...