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Actualités - Chronologie

Elections britanniques : Major et Blair s'accusent mutuellement d'incompétence

LONDRES, 22 Avril (AFP). — Le leader travailliste Tony Blair a mis à profit les divisions des tories sur l’Europe pour accuser à son tour le premier ministre John Major d’être incapable de négocier à Bruxelles car incapable de tenir ses troupes.
Circonstance de plus en plus fréquente depuis le début de la campagne, les alertes à la bombe de l’IRA, qui ont paralysé Londres dans la matinée de lundi, ont offert quelques rares minutes d’unité, le temps d’une condamnation de la part des travaillistes comme des conservateurs.
Soumis au sort commun, le numéro deux du Labour, John Prescott, a été immobilisé dans son bus de campagne tandis que le ministre de la Défense, Michael Portillo, a dû prendre un hélicoptère pour rejoindre Plymouth, dans le sud.
A dix jours des élections générales, accusations et invectives ont ensuite repris de plus belle.
A Manchester (nord), Tony Blair a souligné les dissensions des conservateurs, mises encore en évidence au cours du week-end quand deux membres du cabinet, l’eurosceptique ministre de l’Intérieur Michael Howard, et l’europhile chancelier de l’Echiquier Kenneth Clarke, ont fait entendre des voix dissonantes sur la réforme des institutions européennes.
Aux journalistes qui l’interrogeaient sur cette cacophonie gouvernementale, M. Major a reproché d’effectuer «un examen sémantique» des propos ministériels, «comme s’ils étaient des hiéroglyphes».
Pour les travaillistes, les poids lourds conservateurs ont déjà entamé la guerre de succession à John Major.
«John Major a conduit son parti de manière si lamentable qu’il n’y a pas un mais deux partis conservateurs», a dit M. Blair.
«Je sais comment négocier, je sais comment diriger. John Major ne sait faire ni l’un ni l’autre», a-t-il ajouté, alors que le premier ministre a le plus grand mal à maintenir un semblant d’unité au sein de son parti, dont plus de 200 candidats ont déjà annoncé leur hostilité à la future monnaie unique malgré la ligne officielle du «wait and see».

Manque de respect

Le chef des travaillistes répliquait également à la campagne d’affichage conservatrice le caricaturant comme une future marionnette aux mains du Chancelier allemand Helmut Kohl.
«Les tories ont fait leur fétiche de l’isolement et ils appellent cela de la force. Résultat, nous ne sommes plus respectés à l’étranger», a dit le leader travailliste. Il insistait aussitôt sur son «patriotisme» et sur sa conscience du «danger d’être tiré trop loin (au sein de l’UE), là où ne résideraient plus nos intérêts économiques», histoire de rassurer les indécis hostiles à l’Union européenne.
Dans une interview au Times, au risque d’ancrer un peu plus l’idée que son parti allait perdre les élections, M. Major avait proposé lundi à Tony Blair de lui dispenser ses conseils sur les dossiers européens s’il était élu. «Je ne prendrai pas de leçons de négociations dans le manuel d’incompétence écrit par le premier ministre», lui a répondu M. Blair.
De leur côté, les conservateurs avaient décidé d’axer leur campagne sur l’éducation, l’une des premières préoccupations des électeurs, selon les sondages.
Le ministre de l’Education, Gillian Shephard, a proposé que les parents soient seuls juges pour décider ou non de la transformation d’une «comprehensive school», accessible à tous, en «grammar school», dont l’entrée se fait sur examen.
Comme le Labour, les tories ont ainsi mis de l’eau dans leur vin sur l’épineux dossier de la sélection en laissant le choix aux familles.
LONDRES, 22 Avril (AFP). — Le leader travailliste Tony Blair a mis à profit les divisions des tories sur l’Europe pour accuser à son tour le premier ministre John Major d’être incapable de négocier à Bruxelles car incapable de tenir ses troupes.Circonstance de plus en plus fréquente depuis le début de la campagne, les alertes à la bombe de l’IRA, qui ont paralysé Londres dans la matinée de lundi, ont offert quelques rares minutes d’unité, le temps d’une condamnation de la part des travaillistes comme des conservateurs.Soumis au sort commun, le numéro deux du Labour, John Prescott, a été immobilisé dans son bus de campagne tandis que le ministre de la Défense, Michael Portillo, a dû prendre un hélicoptère pour rejoindre Plymouth, dans le sud.A dix jours des élections générales, accusations et invectives...