M. de Maria y Campos (Mexique) a annoncé qu’il ne briguerait pas de deuxième mandat à la tête de cette organisation spécialisée dans l’aide à l’industrialisation du tiers monde et des régimes post-communistes.
«Je ne suis pas intéressé à diriger une ONUDI mutilée qui s’atrophie peu à peu, incapable de remplir son rôle et ses engagements à l’égard des pays en développement», a-t-il déclaré à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil de développement industriel, l’exécutif politique de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).
M. de Maria y Campos s’est livré à une attaque en règle contre les Etats-Unis qui sont partis, la Grande-Bretagne et l’Australie qui ont annoncé leur intention d’en faire autant et l’Allemagne qui exige de nouvelles coupes claires dans le budget de l’Organisation comme condition de son maintien.
Il a déclaré avoir été «informé récemment que les Etats-Unis ne paieraient pas un cent des arriérés» de près de 70 millions de dollars qu’ils ont accumulés alors qu’ils étaient encore dans l’ONUDI.
Il a dénoncé l’Allemagne pour lui avoir annoncé il y a dix jours la suspension de ses contributions extra-budgétaires qui servent à financer des projets de coopération technique de l’ONUDI, une activité clé de l’Organisation.
«Il y a des pays (industriels) qui paraissent percevoir l’ONUDI comme une organisation qui pourrait tout juste être tolérée dans la mondialisation de l’économie, si vraiment les pays en développement insistent et à condition d’être petite et de ne pas faire beaucoup de bruit», s’est écrié M. de Maria y Campos.
M. de Maria y Campos a rappelé que l’ONUDI avait déjà fait une cure d’amaigrissement depuis 1993 qui pourrait, selon lui, servir de modèle à la réforme d’ensemble du système des Nations Unies exigée par Washington.
Dans le cadre de cette restructuration, l’ONUDI a réduit son budget biennal de 25% à 158 millions de dollars (1996-97) par rapport au budget des deux années précédentes. L’Organisation a également taillé dans son personnel titulaire qui compte actuellement 800 personnes contre près de 1.300 fin 1993.
M. de Maria y Campos a invité les pays industriels à dire clairement ce qu’ils veulent, l’incertitude étant à ses yeux la pire des choses. Il a jugé possibles de nouvelles compressions budgétaires, à condition qu’elles «ne dépassent pas 20%» du budget actuel, faute de quoi l’ONUDI ne serait plus viable.
Le Conseil de développement réunit 20 pays industriels et 33 pays en développement. Au total l’ONUDI compte encore 168 pays membres avec la Grande-Bretagne et l’Australie qui versent ensemble près de 10% au budget de l’Organisation.
Dans les milieux diplomatiques, on considère que l’attitude de l’Allemagne, qui doit arrêter sa position à la fin de l’année, sera déterminante pour la survie de l’ONUDI.

