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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Retour au calme à Beyrouth

Au terme d’une semaine écourtée de moitié à Beyrouth en raison du chômage officiel de l’Adha, le marché libanais des changes a été caractérisé par un certain retour au calme. Le scepticisme suscité auparavant par les dissensions politiques intérieures, a cédé la place à un climat plus ou moins rassurant après la rencontre du chef de l’Etat avec le président du Conseil des ministres, dissipant les craintes d’un changement ou d’un remaniement gouvernemental. Ainsi, les opérateurs, débarrassés de ce genre de préoccupations, se sont montrés plus disposés à se dessaisir du dollar pour profiter de la propension du marché à l’acheter tant près du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.).
En définitive, l’évolution des cours durant la période sous-revue a eu pour conséquence que le taux de réévaluation moyen de la livre libanaise a atteint, vendredi dernier, à la veille du long chômage de l’Adha, 0,03% avec le recul du dollar de 1540,00/1549,50 L.L. et d’un taux moyen indicatif de 1544,75L.L. au vendredi 11 avril à 1540,00/1548,50 L.L. et à un taux moyen indicatif de 1544,25 L.L. à la fin de la semaine dernière.
Ce mouvement est intervenu après que la B.D.L. eut procédé à l’abaissement de son taux d’intervention à la vente du dollar à deux reprises, mardi et mercredi derniers, de 1549,50 à 1549,00 L.L. puis à 1548,50 L.L., tout en maintenant son taux à l’achat en l’état à 1540,00 L.L. pour le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1544,50 L.L. puis de 1544,25 L.L.
Toutefois, il n’en demeurait pas moins que le dollar continuait à être recherché à des cours supérieurs à ces taux moyens indicatifs quoique souvent inférieurs au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L. à la vente témoignant de la prédisposition du marché à s’équilibrer de lui-même, tantôt entre 1546,00 et 1548,00 L.L. et tantôt entre 1546,50 et 1547,50 L.L., dans des volumes d’affaires modérément étoffés, en l’absence de nouveaux stimulants susceptibles de donner naissance à de grandes initiatives sur le marché en cette période.

Détente du dollar
à l’étranger

A l’étranger, l’évolution des marchés des changes internationaux a été placée, la semaine dernière, sous le signe de l’orientation future des taux d’intérêt aux Etats-Unis, ainsi que des déclarations des autorités monétaires japonaises et allemandes au sujet de la récente appréciation du dollar à la lumière des fondamentaux des économies des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique. Sur ce dernier point, les opérateurs ont fait état à la veille du week-end des propos tenus par le président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, selon lesquels la dépréciation du deutsche mark ne servirait pas les intérêts de l’économie germanique dont la croissance s’effectue à un rythme satisfaisant, rejetant par cela les conjectures selon lesquelles la baisse de la devise allemande favoriserait les exportations germaniques et soutiendrait l’expansion économique. Il en est de même des déclarations faites par le directeur général des Affaires internationales au ministère japonais des Finances, Eisuke Sakakibara, dans lesquelles il réaffirmait que l’économie de son pays était plus vigoureuse que certains ne le croient, estimant que les récents mouvements des changes sur la parité dollar-yen ne pouvaient en aucune façon se justifier par les fondamentaux de l’économie nippone ce qui n’exclut pas une intervention de la Banque du Japon en temps opportun.
Devant ces développements, nombre d’opérateurs, frappés d’hésitation depuis le début de la semaine à la lumière des statistiques économiques américaines souvent contractoires, ont estimé à la veille du week-end devoir se réajuster sur le dollar. Cela d’autant que la vice-présidente de la Réserve fédérale, Alice Rivlin, semblait exclure tout prochain relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis en se félicitant, devant l’Economic Stratégic Institute, du bas niveau de l’inflation «dans une économie uniformément vigoureuse».
Cette perspective a été renforcée par la publication d’indicateurs conjoncturels favorables. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la hausse de 0,9% de la production industrielle américaine le mois dernier contre 0,6% en février et de celle de 84,1% du taux d’utilisation des capacités industrielles contre 83,6%, pendant que les prix à la consommation progressaient de seulement 0,1% contre 0,3%, excluant toute surchauffe inflationniste de l’économie. Cela d’autant que les mises en chantier de logements auraient diminué de 6,4% en mars contre une hausse de 10,7% en février et le déficit commercial de 8,5% à 11,59 milliards de dollars en février cotntre 12,68 milliards en janvier.Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi des positions prises par les hauts responsables monétaires allemands et japonais contre les attaques injustifiés à la baisse de leurs devises respectives, le dollar devait dégager quelques petites pertes à la veille du week-end. Il a ainsi achevé la semaine, vendredi dernier, à New York, à 1,7115 D.M., après 1,7325, contre 1,7205 au vendredi 11 avril (—0,52%); à 5,7665 F.F., après 5,82, contre 5,7885 (—0,38%); à 1,4560 F.S., après 1,4750, contre 1,4610 (—0,34%); à 1691,00 lires, après 1703,00, contre 1697,00 (—0,35%); à 125,90 yen, après 126,75, contre 126,15 (—0,20%) et à 1,6320 pour un sterling, après 1,62, contre 1,6275 (—0,28%).

Tassement de l’or

L’or a subi de fortes pressions à la baisse dès le début de la semaine dernière, en provenance de liquidations de positions de certains fonds d’investissement en l’absence d’intérêts à l’achat. C’est ainsi qu’à New York, la parité de l’once a dû retomber à moins de 340,00 dollars, avant de clôturer la semaine, vendredi dernier, à 341,50 dollars contre 347,00 dollars, au vendredi 11 avril, en baisse de 1,59% en moyenne.
Quant à l’argent-métal, il a manifesté une grande résistance au seuil des 4,70 dollars l’once, achevant la semaine, vendredi dernier, à New York, à 4,7070 dollars contre 4,7080 au vendredi 11 avril, soit sans grand changement d’une huitaine à l’autre.

Elie KAHWAGI
Au terme d’une semaine écourtée de moitié à Beyrouth en raison du chômage officiel de l’Adha, le marché libanais des changes a été caractérisé par un certain retour au calme. Le scepticisme suscité auparavant par les dissensions politiques intérieures, a cédé la place à un climat plus ou moins rassurant après la rencontre du chef de l’Etat avec le président du Conseil des ministres, dissipant les craintes d’un changement ou d’un remaniement gouvernemental. Ainsi, les opérateurs, débarrassés de ce genre de préoccupations, se sont montrés plus disposés à se dessaisir du dollar pour profiter de la propension du marché à l’acheter tant près du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.).En définitive, l’évolution des cours durant la période sous-revue a eu pour...