Décidée pour des raisons budgétaires, la prochaine fermeture de la Maison Rimbaud, à la fois lieu de rencontres, centre culturel et consulat de France, a été révélée en première page du quotidien Le Monde.
L’Espace culturel et poétique franco-yéménite, dit Maison Rimbaud, qui avait ouvert ses portes en 1991, fermera car «il coûte près d’un million de francs par an» au ministère français des Affaires étrangères, selon une source officieuse.
Située dans le centre-ville, la Maison Rimbaud avait été inaugurée par les anciens ministres français des Affaires étrangères et de la Culture, Roland Dumas et Jack Lang, le 1er novembre 1991, année du centenaire de la mort du poète.
Cette maison, une vaste demeure blanche de deux étages à la façade ornée d’arcades et de balcons, appartenant à un Yéménite, avait été restaurée par le gouvernement yéménite qui l’avait mise à la disposition de la France et avait pris en charge le loyer.
Environ 600 étudiants s’y inscrivaient chaque année, notamment pour des cours de français. Des concerts, des expositions et des rencontres culturelles y étaient également organisés.
Une exposition permanente sur Rimbaud était installée au rez-de-chaussée de la maison.
La Maison Rimbaud ferme à l’heure où le British Council (institut culturel britannique) cherche à s’installer à Aden, et serait intéressé par la reprise de ce lieu, selon cette même source. Le Quai d’Orsay est engagé actuellement dans un programme d’économies budgétaires qui prévoit la fermeture d’une quinzaine d’instituts (consulats et centres culturels) à travers le monde.
Arthur Rimbaud (1854-1891) était arrivé en avril 1880 à Aden, où il était devenu négociant en café, puis a fréquemment séjourné dans le port yéménite, situé à la pointe sud de la péninsule arabique, entre des séjours en Ethiopie. Le poète aimait peu cette ville, qu’il qualifiait de «roc affreux, sans un brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne».

