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Actualités - Chronologie

Affaire Bre-X : une réponse qui vaut peut-être 30 milliards de dollars

JAKARTA, 18 Avril (AFP). — La réponse vaut peut-être plus de 30 milliards de dollars mais, en attendant, un épais voile de silence et de mystère entoure les efforts en cours pour déterminer si la région inaccessible de Busang, au cœur de la forêt tropicale de Bornéo, abrite, oui ou non, un gisement d’or phénomène présenté il y a encore un mois comme la plus grande découverte depuis le Klondike.
Cette réponse signifiera aussi pour des centaines d’actionnaires de la Bre-X une petite compagnie minière canadienne cotée à la Bourse de Toronto la richesse ou la ruine.
Elle pourrait entraîner de plus une cinglante perte de face pour les plus hautes autorités indonésiennes et l’entourage immédiat du président Suharto lui-même où la perspective d’un tel tas d’or avait déclenché les plus extrêmes convoitises au point de compromettre la réputation du pays auprès des investisseurs étrangers.
A terme aussi, s’inquiète-t-on dans les milieux miniers, une telle affaire, qui rappelle les plus beaux scandales de l’histoire de la prospection, risque de dégoûter, et pour longtemps, les investisseurs potentiels dans ce secteur.
En attendant, ceux qui ont peut-être déjà des éléments de réponse, la direction de la Freeport McMoRan Copper and Gold dont les équipes cherchent fiévreusement dans la jungle de Bornéo à vérifier les trouvailles de leurs collègues de la Bre-X, ne parlent pas.
Une véritable chape de plomb entoure la Freeport dont les activités minières en Irian Jaya où elle exploite l’une des plus grandes mines de cuivre et d’or du monde ont été régulièrment dans le passé l’objet de sévères critiques tant pour les dommages causés à l’environnement que pour le sort réservé aux populations locales.
Il en est de même des autres sociétés spécialisées dans la prospection où les analyses et leur interprétation qui travaillent aussi — dans le secret — sur le dossier.
Les autorités indonésiennes ne sont guère plus loquaces.
Après quelques premières déclarations fracassantes notamment d’homms politiques, le ministre des Mines et de l’Industrie, Ida Bagus Sudjana reconnaissait que l’affaire «pourrait porter atteinte au gouvernement indonésien».
Il brandissait aussi la menace des sanctions et annonçait la création d’une commission d’enquête tout en ajoutant qu’il «n’était pas nécessaire qu’elle commence son travail immédiatement car cela pourrait rendre les choses pire».
Les autorités se sont également refusées à rendre public les résultats de l’autopsie du corps de Michael de Guzman, le géologue co-découvreur du gisement tué après avoir volontairement sauté — selon la thèse officielle qui n’a pas convaincu la famille — d’un hélicoptère en vol.
A la fin de janvier dernier, ses notes, archives et échantillons avaient été détruits dans l’incendie, non officiellement expliqué, de son laboratoire dans la jungle.
Peu après, à la mi-février, Bre-X avait affirmé, en point d’orgue à une série d’annonces de plus en plus triomphantes commencée un an plus tôt, que son gisement de Busang contenait au moins 71 millions d’onces d’or, ce qui en faisait le premier au monde.
Un mois plus tard, l’un de ses directeurs laissait entendre que le chiffre réel des réserves prouvées pourrait être de plus de 200 millions d’onces. Déjà chéries des investisseurs d’Amérique du Nord, les actions de Bre-X, qui étaient parties de moins de 1 dollar, dépassaient les 200.
Le 26 mars, un bref et terne communiqué de la Bre-X, dont la réputation souffrait du «suicide» de son géologue et de fuites alarmistes dans la presse locale, admettait que ses tests pouvaient ne pas être «valides». Au même moment, Freeport faisait savoir que ses forages de contrôle ne donnaient que des traces d’or «insignifiantes».
Sur les dizaines de pages que l’affaire de l’or de Bornéo a fait apparaître sur le réseau d’Internet, l’une contient ce qui se veut sans doute une plaisanterie: «Il y a sans doute plus d’argent à faire avec les droits d’un livre et d’un film sur Busang qu’avec l’or supposé s’y trouver».
JAKARTA, 18 Avril (AFP). — La réponse vaut peut-être plus de 30 milliards de dollars mais, en attendant, un épais voile de silence et de mystère entoure les efforts en cours pour déterminer si la région inaccessible de Busang, au cœur de la forêt tropicale de Bornéo, abrite, oui ou non, un gisement d’or phénomène présenté il y a encore un mois comme la plus grande découverte depuis le Klondike. Cette réponse signifiera aussi pour des centaines d’actionnaires de la Bre-X une petite compagnie minière canadienne cotée à la Bourse de Toronto la richesse ou la ruine.Elle pourrait entraîner de plus une cinglante perte de face pour les plus hautes autorités indonésiennes et l’entourage immédiat du président Suharto lui-même où la perspective d’un tel tas d’or avait déclenché les plus extrêmes convoitises...