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Actualités - Chronologie

Les touristes, proies faciles des voleurs de Saigon

HO CHI MINH-VILLE (Vietnam), 16 Avril (AFP). — La scène se passe à la sortie du restaurant: vous rentrez à pied à votre hôtel pour profiter de la douceur de la soirée sur l’ancienne rue Catinat. Une moto surgit. Votre sac s’envole. Et vous vous retrouvez abasourdie sur le trottoir, parfois en sang.
La semaine dernière encore, l’épouse du PDG d’une banque française a fait les frais d’une pratique devenue de plus en plus courante dans l’ancienne Saïgon et qui risque, si rien n’est fait, de faire fuir les touristes et leurs devises tant convoitées par le Vietnam.
Pour s’être agrippée à son sac à main, cette femme venue en «voyage d’agrément» a dû être rapatriée avec une rotule et le nez fracturé sous la violence du choc.
Depuis deux ans se multiplient ces agressions qui visent en priorité les proies faciles que sont les touristes ou les voyageurs d’affaires étrangers. Le scénario se répète à l’identique, tous les jours sur trois grandes artères du centre de Ho Chi Minh-Ville, près des grands hôtels Majestic, Continental ou Rex.
Sur la rue Dong Khoi, l’outil de travail est la moto. Les voleurs — âgés d’une vingtaine d’années — profitent de l’effet de surprise créé par la vitesse pour emporter leur butin. Tout près, sur les boulevards Le Loi et Nguyen Hue, des préadolescents barrent le trottoir pendant qu’un complice arrive de côté et fouille les poches. Le touriste averti peut cramponner son appareil photo, mais au bout de la rue il découvrira que les lunettes de soleil ou les dollars laissés dans sa poche de poitrine ont disparu. Les téléphones portables sont aussi très prisés: il existe aujourd’hui dans l’ancienne Saïgon un marché aux mobiles volés.

Richesse tentante

«Maintenant, on a un sentiment d’insécurité, on doit toujours fixer dans les yeux ceux qui s’approchent de trop près», explique une avocate française. Récemment le passager d’une moto lui a arraché en plein jour deux colliers en or. En une fraction de seconde elle avait, à la place de ses bijoux, des marques rouges semblables à des griffures.
Ces bandits d’un nouveau genre trouvent ainsi souvent un moyen facile de financer une consommation d’héroïne qui peut coûter jusqu’à 300 dollars par jour. «Au début, on vole l’argent des parents, puis des voisins, ensuite des touristes», explique une employée qui a récemment été témoin d’une agression, «et quand on est sous héroïne, on n’a pas peur de foncer à moto».
Mais comment expliquer la passivité de la police, qu’on ne voit pas dans les rues à risque, alors que se multiplient les agressions contre les Vietnamiens eux-mêmes?
«D’abord, elle est totalement sous-équipée en véhicules, en téléphones portables», explique la jeune femme. «Ensuite, elle connaît souvent les voleurs à moto et elle a même des fichiers d’eux. Ce sont parfois des fils de notables de la ville et s’ils se font arrêter, un coup de fil des parents les fait relâcher».
D’aucuns, jugeant suspect le fait que généralement on ne retrouve ni les voleurs, ni leur butin, voient une connivence évidente entre les voyous et les policiers. «Quand vous entrez dans un commissariat de quartier, ils ont tous des stylos Parker et des bijoux en or», remarque une avocate, «et quand on connaît leurs salaires…».
Par comparaison, Hanoï, où ces agressions restent rarissimes, ferait presque figure de grosse bourgade paisible. «Mais à Saïgon, avec l’augmentation rapide du niveau de vie, les jeunes sont devenus plus exigeants, explique l’employée. Ils veulent des motos, des portables, de la drogue». La richesse souvent exhibée par les étrangers est trop tentante.
Dans la métropole du Sud, où s’entassent 5,5 millions d’habitants, de nombreux jeunes qui n’ont ni permis de résidence ni emploi ne renoncent pas pour autant à fréquenter les discothèques et les restaurants à la mode qui ont prospéré avec l’ouverture économique.
HO CHI MINH-VILLE (Vietnam), 16 Avril (AFP). — La scène se passe à la sortie du restaurant: vous rentrez à pied à votre hôtel pour profiter de la douceur de la soirée sur l’ancienne rue Catinat. Une moto surgit. Votre sac s’envole. Et vous vous retrouvez abasourdie sur le trottoir, parfois en sang.La semaine dernière encore, l’épouse du PDG d’une banque française a fait les frais d’une pratique devenue de plus en plus courante dans l’ancienne Saïgon et qui risque, si rien n’est fait, de faire fuir les touristes et leurs devises tant convoitées par le Vietnam.Pour s’être agrippée à son sac à main, cette femme venue en «voyage d’agrément» a dû être rapatriée avec une rotule et le nez fracturé sous la violence du choc.Depuis deux ans se multiplient ces agressions qui visent en priorité les proies...