Il a été incarcéré à son arrivée en Israël à la fin du mois de mars et sa détention avait été gardée secrète jusqu’à présent.
Il est soupçonné d’avoir porté atteinte à la sécurité de l’Etat et notamment d’avoir vendu à l’Iran du matériel pouvant servir à la fabrication de gaz de combat ou autres armes chimiques.
Sa garde à vue a été prolongée au moins jusqu’au 25 avril.
Selon la radio publique israélienne Nahum Manbar, 51 ans, serait arrivé en Israël le 27 mars d’Italie, de son propre gré ou aurait été transféré de force.
Selon le quotidien «Maariv», M. Manbar a quitté le Midi de la France il y a deux mois, après avoir été convoqué par la police israélienne «pour une affaire le concernant».
Au lieu de se présenter au commissariat, il aurait trouvé refuge dans une villa appartenant à sa femme, près de Lugano, à la frontière italo-suisse.
Il lui aurait téléphoné pour la dernière fois le 27 mars, à Nice. «Ne t’inquiète pas, je vais bien, j’appellerai tous les jours», lui aurait-il dit, avant de disparaître, selon «Maariv».
La disparition de M. Manbar dont le capital est estimé à 200 millions de dollars est devenue publique jeudi dernier, lorsqu’il s’est abstenu d’assister au match de finale du championnat israélien de basket-ball alors qu’il sponsorise l’équipe qui l’a remporté, Hapoël Jérusalem.
M. Manbar aurait mis en vente toutes ses affaires en France, pour un montant de 30 millions de FF, ainsi que sa luxueuse villa de Saint-Paul de Vence (20 MF). Il aurait également licencié tous ses employés. Sa secrétaire, qu’il contacte d’habitude tous les jours, a affirmé qu’elle n’a pas eu de ses nouvelles depuis un mois.
M. Manbar a fait fortune après avoir quitté le pays en 1985 pour s’installer en France, d’où il a commencé à vendre de l’équipement militaire par le biais de la Pologne. En 1991, le ministère israélien de la Défense a ordonné de suspendre tout contact avec lui, le soupçonnant d’avoir vendu de l’armement chimique à l’Iran, en provenance de Chine.
Selon le journal «Haaretz», le directeur en exercice de la CIA, George Tenet, aurait évoqué avec le premier ministre Benjamin Netanyahu, la semaine dernière à Washington, la question des liens de M. Manbar avec Téhéran et lui aurait demandé d’agir pour y mettre un terme, sans toutefois exiger son extradition.
Interdit de séjour aux Etats-Unis, l’affairiste israélien a bien voulu admettre qu’il vendait à Téhéran «des produits anti-NBC» et que la compagnie d’Etat Industries Militaires Israéliennes (IMI) utilisait ses nombreux contacts en Europe de l’Est.
L’annonce de son arrestation a été faite à la suite d’un appel au tribunal de plusieurs médias israéliens contre le black-out imposé sur cette affaire.


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