A quinze jours du scrutin du 1er mai, le leader travailliste Tony Blair a déploré «la campagne totalement négative» des conservateurs. «Ils nous frappent, nous répliquons (...) Ce que nous devons faire, c’est nous focaliser sur l’autre campagne qui aborde les sujets d’intérêt réel pour les électeurs, comme l’éducation, la santé, la loi et l’ordre, les emplois…», a-t-il déclaré.
Soucieux d’«apporter une certaine vision et une certaine conviction sur l’avenir de la Grande-Bretagne», il a montré la voie en détaillant son programme en matière d’éducation, présenté comme «la clef de la justice sociale» et le thème de campagne prioritaire du Labour.
Les travaillistes ont, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, considérablement recentré leurs objectifs, notamment en revenant sur leur opposition à toute forme de sélection dans les écoles.
Le premier ministre John Major s’est étonné des attaques de Tony Blair, alors que le Labour «mène depuis deux ans la plus calomieuse des campagnes à l’égard des conservateurs». «Il s’agit d’une campagne dure et rude. Le Labour nous a fait subir cela pendant deux ans, alors qu’ils ne viennent pas dire aujourd’hui que ce sont les conservateurs qui ont commencé», a-t-il dit.
John Major a estimé que «les hommes politiques, comme tout le monde, sont faillibles. Je pense que les présenter comme des saints est tout simplement absurde», a-t-il estimé à propos des nombreux scandales personnels qui ont touché ses troupes depuis le début de la campagne.
John Major a répondu aux propositions de Tony Blair en matière d’éducation en défendant le système de sélection en place. «Tous les enfants sont différents... Je dis qu’il faut que nous ayons plus de variété pour répondre à la diversité des éléves, pour en tirer le meilleur», a-t-il dit.
Après l’éducation, les deux candidats ont abordé le sujet de la pêche, avec en tête la frange eurosceptique de leurs partis respectifs. Les ministres européens, réunis à Luxembourg, doivent essayer lundi et mardi d’adopter un plan de réduction de leur capacité de pêche recevable par la Commission européenne, faute de quoi ils perdraient le bénéfice des aides communautaires pour le secteur.
John Major a affirmé que le gouvernement britannique voterait contre, tant que ne sera pas réglé le problème de l’appropriation de certains de ses quotas par des pêcheurs étrangers — notamment espagnols — qui acquièrent les licences de collègues britanniques.
Les travaillistes ont renchéri dans le même sens, en affirmant qu’en cas de victoire aux élections, ils «n’excluaient pas la possibilité de refuser tout accord, si le problème des quotas de pêche n’est pas pris en compte».
Conservateurs et travaillistes auront fort à faire pour redonner du souffle à la campagne, alors qu’un sondage NOP pour le Daily Telegraph indique que seuls 26% des électeurs trouvent la campagne «très ou assez intéressante», alors que 30% la trouvent «peu intéressante» et 38% carrément «pas du tout intéressante».

