Nahum Manbar, 51 ans, ne s’est pas présenté jeudi dernier au match de la finale du championnat israélien, pourtant remporté par son équipe, Hapoël Jérusalem. Ses proches en Israël, ainsi que les journalistes, ont en vain tenté de le joindre, ainsi que son épouse Francine et leurs enfants, à leur domicile de Nice.
Interrogée par le quotidien Yédiot Aharonot, une de ses employées, Mlle Marie-Christine Walter, a affirmé qu’elle ne pouvait pas dire où il se trouvait. Les trois grands quotidiens israéliens, le Yédiot, le Haaretz et le Maariv, ont tous fait leur Une mardi avec ce mystère.
Né en Galilée (nord), M. Manbar a fait fortune après avoir quitté le pays en 1985. Installé dans le sud de la France, à Saint-Paul de Vence d’abord, il a commencé à vendre de l’équipement militaire par le biais de la Pologne.
En 1991, le ministère israélien de la Défense a ordonné de suspendre tout contact avec lui, le soupçonnant d’avoir vendu de l’armement chimique à l’Iran, en provenance de Chine.
Les Américains ont de leur côté imposé de strictes sanctions au commerce avec Nahum Manbar et deux sociétés lui appartenant. Le 16 février 1995, le président Bill Clinton a écrit au Congrès que «M. Nahum Manbar et (ses) deux sociétés s’adonnent à la prolifération illicite de matériaux servant à l’industrie d’armement chimique», rappelle le Yédiot.
Interdit de séjour aux Etats-Unis, l’affairiste israélien a bien voulu admettre qu’il vendait à Téhéran «des produits anti-NBC» et que la compagnie d’Etat, Industries Militaires Israéliennes (IMI), utilisait ses nombreux contacts en Europe de l’Est.

