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Actualités - Chronologie

Moscou se dissocie de l'occident et déroule le tapis rouge devant l'Iran

MOSCOU, 11 Avril (AFP). — La Russie s’est dissociée de l’Europe occidentale vendredi en déroulant le tapis rouge devant le président du Parlement iranien, au moment où l’Union européenne accusait Téhéran de terrorisme d’Etat.
Les plus hauts dirigeants de l’Etat russe, à commencer par le président Boris Eltsine, ont fait assaut d’amabilités à l’égard de Ali Akbar Nategh-Nouri, ignorant ou même rejetant les critiques occidentales contre l’Iran.
M. Eltsine a assuré que les relations russo-iraniennes allaient «se renforcer et se développer», en recevant M. Nategh-Nouri dans une des salles d’apparat du Kremlin, ont rapporté les télévisions russes.
Le chef d’Etat n’a pas dit un mot d’un jugement prononcé la veille par un tribunal de Berlin, accusant «le plus haut sommet de l’Etat iranien» d’avoir commandité un attentat qui a coûté la vie à quatre membres de l’opposition kurde au régime iranien dans un restaurant berlinois en 1992.
Les pays de l’Union européenne ont décidé jeudi soir à la suite de ce jugement de rappeler leurs ambassadeurs en poste en Iran pour consultation et de suspendre leur «dialogue critique» avec Téhéran.
Mais les responsables russes ont clairement signifié qu’ils ne se sentaient pas liés par cette décision. «Aucun tribunal dans le monde n’a le droit d’accuser un Etat en tant que tel de terrorisme», a affirmé le président communiste de la Douma (chambre basse du Parlement russe) Guennadi Seleznev.
M. Seleznev a ajouté que «la décision de la Cour de Berlin n’avait pas du tout influencé les pourparlers» russo-iraniens.
De fait, M. Nategh-Nouri n’a pu que se féliciter de «l’accueil chaleureux» dont il a bénéficié à Moscou, et il a implicitement appelé la Russie à aller plus loin et à faire cause commune contre les Etats-Unis.
Le responsable iranien a salué l’opposition de Moscou aux projets d’élargissement de l’OTAN à l’Europe de l’Est — largement initiés par les Etats-Unis.
Il a également proposé une étroite coopération russo-iranienne au Proche-Orient «pour que les étrangers à cette région ne s’en mêlent pas», une allusion transparente au rôle de médiateur des Américains.
Les relations économiques russo-iraniennes ont chuté depuis la fin de l’URSS, et elles plafonnent à environ 350 millions de dollars par an, soit six fois moins que les échanges germano-iraniens.
Mais Moscou, qui s’estime trahi par la décision occidentale d’étendre l’OTAN vers ses anciens satellites d’Europe de l’Est, peut aujourd’hui avoir intérêt à afficher avec ostentation son amitié avec l’Iran.

M. Eltsine a déjà tenu tête au président américain Bill Clinton l’an dernier en refusant de revenir sur le contrat de construction d’une centrale nucléaire russe en Iran, dont les Américains estiment qu’il peut permettre à Téhéran de se rapprocher de la maîtrise de l’arme atomique.
«Nous avons des relations particulières avec l’Iran, qui se distinguent beaucoup de celles de l’Occident», a plaidé le député russe Galina Starovoïtova (démocrate).

«La Russie construit ses relations avec l’Iran en partant de la nécessité d’un équilibre des forces dans la région, où la Turquie agit souvent contre Moscou», a ajouté la parlementaire.
La rivalité traditionnelle des empires russe et ottoman a été relancée depuis la fin de l’URSS, Moscou et Ankara se disputant la sphère d’influence des anciennes républiques soviétiques turcophones, et l’exportation du pétrole de la mer Caspienne.

Moscou et Téhéran sont en revanche à l’unisson pour s’opposer à une exploitation séparée des gigantesques ressources pétrolières de la mer Caspienne par chacun des pays riverains et contrer la volonté «sécessionniste» de l’Azerbaïdjan turcophone.
La Russie et l’Iran se sont également récemment retrouvés pour faire taire la guerre entre fractions rivales au Tadjikistan et opposer un front commun à la montée en puissance des milices taliban dans l’Afghanistan voisin.
MOSCOU, 11 Avril (AFP). — La Russie s’est dissociée de l’Europe occidentale vendredi en déroulant le tapis rouge devant le président du Parlement iranien, au moment où l’Union européenne accusait Téhéran de terrorisme d’Etat.Les plus hauts dirigeants de l’Etat russe, à commencer par le président Boris Eltsine, ont fait assaut d’amabilités à l’égard de Ali Akbar Nategh-Nouri, ignorant ou même rejetant les critiques occidentales contre l’Iran.M. Eltsine a assuré que les relations russo-iraniennes allaient «se renforcer et se développer», en recevant M. Nategh-Nouri dans une des salles d’apparat du Kremlin, ont rapporté les télévisions russes.Le chef d’Etat n’a pas dit un mot d’un jugement prononcé la veille par un tribunal de Berlin, accusant «le plus haut sommet de l’Etat iranien»...