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Actualités - Chronologie

La télévision réveille la conscience du citoyen brésilien

RIO DE JANEIRO, 11 Avril (AFP). — La télévision est en train de réveiller la conscience du citoyen brésilien et a précipité la création d’un secrétariat des droits de l’homme pour punir les policiers-bandits que le président de la République a qualifiés d’«animaux».
Un film vidéo fait par un cinéaste amateur et diffusé le 1er avril dernier par la puissante chaîne de télévision Globo aux actualités de 20 heures a laissé le pays stupéfait: des policiers militaires (chargés du maintien de l’ordre au Brésil) en patrouille dans un quartier pauvre de la grande banlieue de Sao Paulo soumettaient trois hommes qu’ils venaient d’arrêter pour un contrôle de routine à toutes sortes de tortures. Gifles, coups de pieds, bastonnade pour finalement tuer l’un d’eux en tirant de sang-froid à l’arrière de leur voiture après que les policiers leur eurent donner l‘autorisation de repartir.
L’émotion a gagné le gouvernement, qui envisageait depuis longtemps de créer un secrétariat des droits de l’homme. En 48 heures, le président Fernando Henrique Cardoso, la fondait et nommait à sa tête l’ancien chef de cabinet du ministère de la Justice, José Gregori.
Une autre conséquence de la brutalité policière montrée au grand jour a été la raide adoption d’une loi qui définit la torture comme étant un crime et punit durement les infracteurs.
M. Cardoso qui ne s’était pas encore manifesté publiquement a affirmé à l’hebdomadaire Veja de cette semaine que ces policiers n’avaient «aucune excuse».
«Ces policiers ne frappaient pas et n’ont pas tué parce qu’ils gagnent peu ou parce qu’ils travaillaient dans de mauvaises conditions mais parce que ce sont des «animaux». Au fond, c’est un problème culturel. Nous sommes dans un pays où l’on a toujours eu tendance à accepter la violence policière» (allusion aux 21 ans de dictature militaire de 1964 à 1985), a-t-il dit.
Problème culturel ou non, il est certain que la violence est un fait majeur dans la société brésilienne. Mais les images véhiculées d’abord par la TV Globo et reprises rapidement par toutes les autres chaînes jour après jour ont fonctionné comme un révulsif.
Au secrétariat des droits de l’homme a immédiatement succédé une commission parlementaire d’enquête pour tirer au clair tous ces crimes.
Les parlementaires auront du travail car depuis le vidéo de Sao Paulo, d’auras images ont prouvé la même bestialité des policiers à Rio et un rapport de l’ONG Human Rigthts Watch/America a constaté que la violence policière «est un phénomène national».
Maintenant, toutes les chaînes de TV rapportent quotidiennement de terribles témoignages de victimes qui, à visage découvert, relatent des épisodes de ce que beaucoup appellent désormais «la bestialité en uniforme».
Le président Cardoso a souligné, au cours d’une cérémonie au palais présidentiel du Planalto, l’importance du film vidéo montré à Globo et déclaré que «la police tue plus que la dictature».
Les langues et les informations se sont dénouées. En un an (en 1992) la police de Sao Paulo a liquidé 1.470 personnes, «près de quatre fois plus que la dictadure militaire», titrait récemment le «Jornal do Brasil», de Rio.
RIO DE JANEIRO, 11 Avril (AFP). — La télévision est en train de réveiller la conscience du citoyen brésilien et a précipité la création d’un secrétariat des droits de l’homme pour punir les policiers-bandits que le président de la République a qualifiés d’«animaux».Un film vidéo fait par un cinéaste amateur et diffusé le 1er avril dernier par la puissante chaîne de télévision Globo aux actualités de 20 heures a laissé le pays stupéfait: des policiers militaires (chargés du maintien de l’ordre au Brésil) en patrouille dans un quartier pauvre de la grande banlieue de Sao Paulo soumettaient trois hommes qu’ils venaient d’arrêter pour un contrôle de routine à toutes sortes de tortures. Gifles, coups de pieds, bastonnade pour finalement tuer l’un d’eux en tirant de sang-froid à l’arrière de...