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Actualités - Chronologie

Les militaires chinois font du lèche-vitrine chez les marchands d'armes

PEKIN, 11 Avril (AFP). — L’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine semble n’avoir plus que quelques mois à vivre, mais Pékin n’a pas attendu sa levée pour reprendre les contacts avec les principaux vendeurs d’armes d’Europe. «Il n’y a pas encore de discussions approfondies sur les contrats, mais les Chinois ont recommencé à venir nous voir avec leur «shopping list» et comparent les prix», confirme un expert d’une société d’armement européenne.
Après avoir été boycotté par l’Occident jusqu’au milieu des années 90 à la suite du massacre de la place Tiananmen en juin 1989, l’Armée populaire de libération (APL), forte de quelque 3 millions d’hommes, a normalisé ses relations avec la plupart des grandes puissances.
Seul subsiste un embargo sur les ventes d’armes voté par l’Union Européenne en 1989, et respecté également par les Etats-Unis et les autres pays occidentaux.
Mais la solidarité européenne est devenue très fragile, face à l’offensive conjointe de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, pour faire lever l’embargo jugé obsolète. Selon des sources informées, il pourrait disparaître d’ici la fin de l’année ou au début de l’an prochain.
«La Chine désire réellement acheter des armes aux pays européens, mais ce sont les Occidentaux qui ne veulent pas lui en vendre», affirme Yan Xuetong, directeur du Centre d’études sur la politique étrangère de Chine.
Les industriels de l’armement estiment que le marché chinois a changé par rapport aux années 70 et 80, où les Chinois se contentaient d’acheter un nombre limité d’armes pur tenter de les copier.
«Aujourd’hui, la Chine est en train de devenir un pays riche, ce qui risque d’entraîner de sa part de nouveaux comportements et donc de nouveaux besoins. Pour les dirigeants chinois, la question n’est pas de trouver l’argent, mais de définir les priorités dans leurs achats», estime un professionnel.
Le budget militaire de la Chine pour l’année 1997 a été fixé à près de 10 milliards de dollars, mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg que représentent les dépenses réelles de la plus grande armée du monde, qui seraient quatre fois plus élevées, selon l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres.

Principe de base:
l’indépendance

«La crise dans le détroit de Taiwan, en 1996, a permis à l’armée de faire valoir la nécessité d’acheter du matériel, en particulier pour moderniser l’aviation et la marine», rappelle un diplomate.
«Les militaires chinois ne jurent que par la technologie, souligne M. Yan. Si vous avez des technologies sophistiquées, le prix doit être élevé, et la Chine préférera dépenser plus pour des technologies avancées des pays occidentaux».
Selon lui, le principe de base de l’armée la plus grande du monde est «l’indépendance» et l’un des atouts pour vendre des armes en Chine repose sur les transferts de technologies.
La Russie, qui est devenu le premier fournisseur de l’APL, a ainsi accepté de vendre la licence de production de son chasseur bombardier Sukhoi 27, après avoir conclu un contrat de 72 appareils.
«Le matériel russe est plus adapté au niveau de développement de l’armée chinoise, a relevé un expert en armement, mais le problème avec les Russes, c’est l’incertitude sur les prix à moyen terme et également le service après-vente».
La Chine cherche donc à diversifier ses fournisseurs.
Selon des informations circulant dans les milieux de l’armement, elle envisagerait d’acheter des missiles à l’Italie et 4 avions-radars de type AWACS, d’une valeur de plus de 400 millions de dollars, à la Grande-Bretagne.
La France a, elle, été approchée pour des missiles et surtout pour le moteur M-88 de la Snecma, qui équipe l’avion de combat Rafale.
Les Britanniques sont eux aussi sur les rangs pour vendre le moteur Rolls-Royce RB-199 du Tornado, et les Chinois discutent également avec les Russes pour obtenir la licence de fabrication du moteur RD-33 du MiG-29.
«La Chine doit prendre une décision rapidement pour trouver un moteur, car elle a 4 nouveaux avions à équiper: le chasseur-bombardier bi-moteur F-8-2, qui sera utilisé par la marine, le Super-7, le J-10, qui aurait été développé avec les Israéliens, et un chasseur-bombardier à long rayon d’action», souligne un expert en aéronautique.
«Le choix se fera entre les Russes, les Français et les Britanniques, si l’embargo est levé d’ici là, bien sûr», affirme-t-il.
PEKIN, 11 Avril (AFP). — L’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine semble n’avoir plus que quelques mois à vivre, mais Pékin n’a pas attendu sa levée pour reprendre les contacts avec les principaux vendeurs d’armes d’Europe. «Il n’y a pas encore de discussions approfondies sur les contrats, mais les Chinois ont recommencé à venir nous voir avec leur «shopping list» et comparent les prix», confirme un expert d’une société d’armement européenne.Après avoir été boycotté par l’Occident jusqu’au milieu des années 90 à la suite du massacre de la place Tiananmen en juin 1989, l’Armée populaire de libération (APL), forte de quelque 3 millions d’hommes, a normalisé ses relations avec la plupart des grandes puissances.Seul subsiste un embargo sur les ventes d’armes voté par...