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Actualités - Chronologie

Jean-Paul II à Sarajevo pour prêcher la tolérance (photo)

SARAJEVO, 10 Avril (AFP). — Le Pape Jean-Paul II vient samedi et dimanche à Sarajevo prêcher la tolérance aux habitants d’un pays qui ont oublié cette notion après les atrocités vécues au cours de la guerre.
«Les fidèles ont peur de venir». Responsable du centre d’information catholique de la capitale, le père Marijan Brkic résume ainsi le climat de tension entre les communautés musulmane, serbe et croate du pays.
Quatre années d’un conflit marqué par des massacres ont laissé des cicatrices indélébiles.
L’accord de paix de Dayton a mis provisoirement fin aux hostilités, mais il a également consacré la partition du pays en deux entités, la Fédération croato-musulmane et la Republika Srpska, territoire «ethniquement purifié» des Serbes, brisant le rêve d’une Bosnie unie et multi-ethnique.
Les velléités sécessionnistes sont de plus en plus flagrantes.
L’alliance politique conclue entre Croates et musulmans après onze mois d’affrontements en 1993-1994 est en train d’éclater, et les extrémistes des deux camps multiplient provocations et attentats contre les lieux de culte depuis l’annonce de la visite du Pape, créant un climat d’insécurité peu propice aux déplacements de foules.

Charge émotionnelle moindre

La venue de Jean-Paul II à Sarajevo n’aura en outre pas la charge émotionnelle de son déplacement prévu en septembre 1994, pendant le siège de la capitale par les Serbes, et annulé pour des raisons de sécurité.
Elle ne passionne pas les musulmans, qui la considèrent comme un acte politique, selon un sondage publié par l’hebdomadaire bosniaque «Ljiljan».
Les Serbes, orthodoxes, ont, quant à eux, décidé de l’ignorer.
Seuls les Croates, catholiques, se réjouissent vraiment de la visite du Pape. Mais ils ne comprennent pas pourquoi Jean-Paul II ne vient qu’à Sarajevo, ville multi-ethnique, mais majoritairement musulmane.
Cette incompréhension est manifeste à Mostar, la grande ville du sud du pays, divisée en deux secteurs, l’ouest croate et l’est musulman.
«Le Pape vient à nous», proclament les affiches placardées dans la partie croate. Elles montrent Jean-Paul II émergeant d’une foule de fidèles agitant des emblèmes du Vatican, certains recoloriés aux couleurs de la Croatie voisine.
Le message tranche avec l’œcuménique «Nous sommes avec vous» des posters de la capitale. «Ce voyage du Pape est avant tout une visite pour les Croates», soutient Mile Puljic, chef de l’antenne locale de la Communauté démocratique de Croatie (HDZ), le parti au pouvoir à Zagreb.
Membre du comité chargé d’organiser le déplacement des fidèles de Mostar, le père Zelko Majic tente de convaincre ses paroissiens. «Je leur explique que Jean-Paul II est fatigué, que Sarajevo est la capitale de la Bosnie et que sa visite a aussi un caractère politique».
Mais il leur faudra pour cela passer en secteur musulman, ce qui les effraye.

La peur
des fidèles

Les catholiques étaient 830.000 en Bosnie-Herzégovine avant la guerre. Ils ne sont plus que 412.000 aujourd’hui, dont 12.000 en Republika Srpska, selon les chiffres fournis par les paroisses.
L’évêque de Sarajevo, Mgr Vinko Puljic, espère la venue de 60.000 personnes pour la messe prévue dimanche dans le stade Kosevo, dominé par l’un des plus grands cimetières de la capitale.
Il n’est pas évident que les fidèles soient aussi nombreux et cela inquiète les autorités catholiques. Les évêques les ont exhortés lundi à surmonter leurs peurs et à venir en nombre saluer le Pape, affirmant avoir reçu toutes les garanties pour leur sécurité.
«Malgré les menaces, Jean-Paul II n’a pas renoncé à venir. Je ne vois pas pourquoi les fidèles n’auraient pas le même courage», leur a dit Mgr Pero Sudar, évêque auxiliaire de Sarajevo.
SARAJEVO, 10 Avril (AFP). — Le Pape Jean-Paul II vient samedi et dimanche à Sarajevo prêcher la tolérance aux habitants d’un pays qui ont oublié cette notion après les atrocités vécues au cours de la guerre.«Les fidèles ont peur de venir». Responsable du centre d’information catholique de la capitale, le père Marijan Brkic résume ainsi le climat de tension entre les communautés musulmane, serbe et croate du pays.Quatre années d’un conflit marqué par des massacres ont laissé des cicatrices indélébiles.L’accord de paix de Dayton a mis provisoirement fin aux hostilités, mais il a également consacré la partition du pays en deux entités, la Fédération croato-musulmane et la Republika Srpska, territoire «ethniquement purifié» des Serbes, brisant le rêve d’une Bosnie unie et multi-ethnique.Les velléités...