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Actualités - Chronologie

Mobutu décrète l'état d'urgence sur tout le littoral zairois

KINSHASA, 9 Avril (AFP). — Le maréchal Mobutu Sese Seko a décrété l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire national zaïrois par voie d’ordonnance, a annoncé la télévision d’Etat. Selon la télévision, l’état d’urgence a été décrété «sur proposition du gouvernement» mais les mesures pratiques adoptées ne sont pas précisées.
Selon la Constitution, dans un tel cas, «le gouvernement présidé par le chef de l’Etat prend les mesures urgentes nécessaires pour faire face à la situation». L’article 48 de l’Acte constitutionnel indique que «lorsqu’un danger menace la République ou que le fonctionnement régulier des institutions de la République ou d’une région est interrompu, le président de la République, sur initiative du gouvernement proclame sans délai l’état d’urgence».
Le maréchal Mobutu a également nommé cinq gouverneurs militaires pour les provinces qui ne sont pas occupées par la rébellion: Bandundu, Bas-Zaïre, Equateur Kasai-occidental et Kinshasa, sans faire état de celle du Shaba/Katanga menacée par la rébellion, mais toujours confiée à un gouverneur civil.
La rébellion est établie dans les cinq autres provinces du pays: Nord et Sud Kivu, Haut Zaïre, Maniema et Kasaï-oriental.
La déclaration d’état d’urgence serait liée, selon de bonnes sources, aux manifestations qui ont été prévues par les partisans du nouveau premier ministre Etienne Tshisekedi.
Selon les même sources, l’état d’urgence a été décrété sur proposition du gouvernement sortant de M. Kengo Wa Dondo, chargé de gérer les affaires courantes.
Mardi plusieurs personnes ont été blessées dans les incidents qui ont éclaté en marge des manifestations organisées par les partisans du nouveau premier ministre, contesté par la «mouvance» du président Mobutu Sese Seko et une partie de l’opposition.
Les partisans de M. Tshisekedi ont blessé grièvement le président de la Commission du contentieux du Parlement de transition, Me Emmanuel Lusambo.
Ils s’en sont pris également au chef de cabinet adjoint du premier vice-président du Haut conseil de la République/Parlement de transition (HCR/PT), le professeur Louis Mbu, qui a aussi été blessé.

Résistance à
Lubumbashi

Sur le terrain entre-temps, le chef de la rébellion Laurent-Désiré Kabila a admis rencontrer des «résistances farouches» de la part des forces gouvernementales à Lubumbashi.
A Mbuji-Mayi, conquise par les rebelles, M. Kabila a déclaré: «C’est quelque chose que nous attendions. Mais ces soldats de la DSP (garde présidentielle, unité d’élite) vont être défaits, il n’y a aucun doute».
Le chef de la rébellion zaïroise a réclamé un pouvoir sans partage sur le pays et en déclarant la capitale Kinshasa comme son prochain «objectif» après Lubumbashi.
«Dès que Kinshasa sera coupée de ses provinces les plus riches (le Kasaï diamantifère et le Shaba minier), les gens devront reconnaître que l’Alliance (rebelle) a pris le pays», a-t-il ajouté.
Il a assuré que les forces gouvernementales tentaient de fuir Kananga (ouest de Mbuji-Mayi), capitale du Kasaï occidental, pour rejoindre la capitale Kinshasa, nouvel et dernier objectif de la rébellion.
S’exprimant devant plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le stade de Mbuji-Mayi, M. Kabila avait annoncé son refus d’un compromis politique proposé par l’Afrique du Sud.
«Nous avançons, nous allons vers Kinshasa, c’est l’objectif, la capitale politique (...) Nos éléments les plus avancés sont dans les provinces du Bandundu et de l’Equateur», juste à l’Est de Kinshasa, a-t-il assuré.
Une source diplomatique avait indiqué à Prétoria qu’aucun développement diplomatique n’était à attendre.
Les délégations zaïroises qui tiennent des pourparlers de paix depuis samedi en Afrique du Sud ont décidé d’ajourner leurs entretiens, a annoncé M. Mbeki. Interrogé sur l’éventualité d’un cessez-le-feu, M. Mbeki a répondu que les deux délégations avaient décidé «pour l’instant d’ajourner leurs discussions pour consulter leurs dirigeants avant un nouveau face-à-face».
Le président congolais Pascal Lissouba a pour sa part proposé à Brazzaville au maréchal Mobutu et au chef des rebelles zaïrois de se rencontrer à Pointe-Noire.
Sur le plan international, les rapporteurs spéciaux de l’ONU sur le Zaïre, le Rwanda et le Burundi ont demandé à Genève la tenue d’une Conférence internationale de paix consacrée à la région des Grands Lacs, où la situation humanitaire continue à être particulièrement alarmante.
Un rapport à la Commission des droits de l’homme de l’ONU rendu public a fait état d’une quarantaine de massacres attribués aux rebelles zaïrois, surtout contre des Hutus rwandais.
KINSHASA, 9 Avril (AFP). — Le maréchal Mobutu Sese Seko a décrété l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire national zaïrois par voie d’ordonnance, a annoncé la télévision d’Etat. Selon la télévision, l’état d’urgence a été décrété «sur proposition du gouvernement» mais les mesures pratiques adoptées ne sont pas précisées.Selon la Constitution, dans un tel cas, «le gouvernement présidé par le chef de l’Etat prend les mesures urgentes nécessaires pour faire face à la situation». L’article 48 de l’Acte constitutionnel indique que «lorsqu’un danger menace la République ou que le fonctionnement régulier des institutions de la République ou d’une région est interrompu, le président de la République, sur initiative du gouvernement proclame sans délai l’état...