Certes, Parme, deuxième à six points, reste encore théoriquement menaçant, avec huit matches à disputer, mais la «Juve» possède, au vu de sa splendide démonstration de San Siro, une marge de supériorité telle sur le plan du jeu et de l’efficacité que rien ne devrait plus entraver son implacable marche en avant.
«Un 6-1, historique et humiliant. «Juve» impériale. Milan honteux. Sacchi signe la défaite la plus désastreuse du Milan AC à San Siro», écrit lundi la Gazzetta Dello Sport, se faisant l’écho de l’ensemble de la presse nationale, sportive comme généraliste.
Une machine
irrésistible
Le Milan AC, privé de George Weah et de Demetrio Albertini, n’a pourtant pas démérité et a parfois fait illusion, surtout en première période après le premier but de Vladimir Jugovic. Il frôla l’égalisation sur une tête magistrale de Christophe Dugarry, qui obligea le gardien Angelo Peruzzi à sortir le grand jeu pour détourner le ballon juste au-dessus de la barre.
Mais il n’y avait pas grand-chose à faire en cette douce nuit de San Siro contre la comète turinoise brillant de tous ses feux. Ebloui par tant de lumière, le Milan AC, qui a remporté quatre titres en cinq ans, finit par s’écrouler, complètement aveuglé, emporté par le flux.
Qu’est-ce qui fait gagner ainsi cette «Juve», prise en main par Marcello Lippi il y a trois saisons et qui a remporté depuis lors un titre national et une Ligue des champions — sans oublier la Coupe intercontinentale et la Super-coupe d’Europe — en attendant probablement un deuxième titre national et peut-être un second trophée européen en mai prochain?
Autour de quelques individualités de talent, mais aussi de certains joueurs laissés pour compte, Lippi, considéré comme l’un des plus grands meneurs d’hommes actuels du monde du football, a construit une machine irrésistible qui impose son jeu en tous lieux et toutes circonstances.

